“Sartre est né le 21 juin 1905, moi le 21 juin 1935”, a écrit la romancière Françoise Sagan, entrée dans la gloire littéraire avec Bonjour tristesse. Grisée par le succès, les voitures de sport, l’argent, le jeu, la drogue, l’alcool, Sagan défraya souvent la chronique mondaine mais également la chronique judiciaire. Elle demeure cependant celle qui, à 18 ans, aura produit un roman intemporel.
Elle envoie le manuscrit de Bonjour tristesse (1954) à l’éditeur René Julliard. Le manuscrit est lu dans la nuit; au matin, la décision de publier est prise. Tiré une première fois à 3,000 exemplaires, il s’en est vendu 850,000, un an plus tard. Entre-temps, l’ouvrage a reçu le Prix des critiques. Un succès fulgurant. Françoise Quoirez qui, à 18 ans, ambitionnait d’être romancière, le sera, sous le pseudonyme, Sagan, choisi dans l’oeuvre de Proust.
À la Une du Figaro, François Mauriac écrit : “Ce Prix des critiques est décerné […] à un charmant monstre de dix-huit ans dont le mérite littéraire éclate dès la première page et n’est pas discutable.” Le livre est l’un des plus importants best-sellers de l’après-guerre (plusieurs millions d’exemplaires, dont un million aux États-Unis). Il ouvrira les portes d’une célébrité jamais démentie à Françoise Sagan.
La jeune romancière avait réussi à décoiffer la France. Dans son premier roman, il y est question d’un été brûlant et d’une héroïne de 17 ans qui couche avec un garçon sans en être amoureuse. Elle préfigurait la libération des moeurs d’une génération oisive et désespérée des années 60.
Un certain sourire est encore un succès. Beaucoup de livres suivront, et chaque nouvelle publication retiendra l’attention de la presse et du public.