« La stabilité financière s’est révélée aussi importante, voire plus, que celle des prix », a déclaré le gouverneur de la Banque de Maurice, Rundheersing Bheenick. C’était mercredi lors d’un dîner de gala donné en l’honneur des gouverneurs des banques centrales des pays francophones participant actuellement à une conférence.
La 19e conférence des gouverneurs des Banques centrales des pays francophones prend fin aujourd’hui. « Les Banques centrales : nouveau rôle, nouvelles missions dans une économie mondiale en pleine mutation », thème de la conférence, est un sujet qui revêt une importance capitale « dans un contexte où les perspectives économiques mondiales ne sont guère rassurantes », selon le gouverneur de la Banque de Maurice (BoM).
La crise financière de 2008/2009, a observé Rundheersing Bheenick, a ébranlé la zone de confort dans laquelle les banques centrales s’étaient installées pendant presque une décennie. « Les théories, les modèles et autres pratiques qu’elles ont jusqu’ici appliqués de manière traditionnelle se sont révélés inaptes à prévenir la crise ou à contenir ses effets dévastateurs sur le secteur financier et encore moins sur l’économie réelle. Le maintien de la stabilité financière s’est révélé aussi important, voire plus, que celle des prix. Quelle rude leçon pour nous, banquiers centraux, qui croyaient avoir trouvé dans le ciblage de l’inflation, l’équivalent monétaire du Saint-Graal ! », a lancé le gouverneur de la BoM.
Plusieurs gouverneurs de Banque centrale de diverses parties du monde dont le Canada, le Vietnam, la Suisse et les pays d’Afrique réunis par le lien unificateur qu’est la langue française, assistent à cette conférence. « Retenu par l’actualité », le gouverneur de la Banque centrale de France Christian Noyer n’a pu faire le déplacement.
Howard Carter, directeur général de la filiale sud-africaine de la Société Suisse SICPA, Huy Hoang Dang, directeur général de la Banque des Mascareignes (filiale du Groupe BPCE), et Christophe Montet, directeur d’Oberthur Technologies et leurs collaborateurs sont aussi présents.
C’est bien la première fois que les gouverneurs francophones tiennent leurs assises à Maurice. Selon Rundheersing Bheenick, ces rencontres ont été initiées par le gouverneur Trichet de la Banque de France en 1994 sur une idée du gouverneur de la Banque de Maurice d’alors sir Indur Ramphul. La conférence permet d’aborder la question de la politique monétaire, notamment les réformes de Bâle III et leur incidence sur les pays émergents. Il s’agit également d’une opportunité d’évaluer les derniers développements dans la zone euro.
L’organisation de la 19e conférence des gouverneurs des Banques centrales des pays francophones a été marquée par le lancement d’une enveloppe commémorative illustrant en filigrane le bâtiment de l’Hôtel du gouvernement, une réalisation de Mahé de La Bourdonnais, un grand bâtisseur dans cette partie du monde.
« Le lancement de l’enveloppe commémorative démontre l’importance que nous attachons à la coopération et la solidarité qui se sont développées à l’intérieur de ce groupe de gouverneurs de Banques centrales. Nous voulons ainsi témoigner notre attachement à la communauté francophone et consolider les liens d’amitié qui nous tiennent à coeur », a dit le gouverneur de la Banque centrale.
L’ambassadeur de France a pour sa part souligné la progression constante de la langue française à Maurice sans affecter la présence de l’anglais et d’autres langues. Jean-François Dobelle a aussi souligné que la France est le premier investisseur direct étranger dans le pays et un de ses principaux partenaires commerciaux.