Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, qui rendait compte de sa participation aux Sommet Afrique-Europe au Cabinet hier, a annoncé avoir sollicité le soutien des pays membres de la Francophonie à la candidature de Jean-Claude de L’Estrac pour prendre la succession d’Abdou Diouf. C’est ce qui ressort du compte rendu des travaux du Cabinet diffusé hier soir.
« The Prime Minister took the opportunity of the presence of the Heads of State/Government of Member States of the Organisation Internationale de la Francophonie to garner their support in favour of the candidature of Mr Jean-Claude de L’Estrac for the post of Secretary General of the Organisation Internationale de la Francophonie », souligne le communiqué du Cabinet
Le Premier ministre est également revenu sur son intervention au Sommet Afrique-Union européenne, à Bruxelles. Il a rappelé avoir fait un appel en faveur d’une approche qui dépasserait l’esprit de paternalisme dont ont fait preuve jusqu’ici les Européens quand ils traitent avec les Africains. À l’intention des chefs d’État et de gouvernement d’Afrique et d’Europe réunis à Bruxelles, il a affirmé qu’un partenariat effectif et reflétant de la maturité, devait maintenant marquer les relations entre l’Afrique et l’Europe.
Lors de son séjour à Bruxelles, le Premier ministre a aussi eu l’occasion de s’entretenir avec Catherine Ashton, vice-présidente de l’Union européenne et chargée du dossier des affaires étrangères et de la sécurité de la communauté européenne. Tous deux ont passé en revue la situation dans le monde mais, surtout, le problème posé par les actes de piraterie dans l’océan Indien. Il s’est également entretenu avec  le Commissaire au développement de l’Union européenne, Andris Piebalgs, qui a salué l’efficacité de Maurice dans l’utilisation de l’aide que le pays reçoit pour son développement. A cette occasion, il  s’est aussi fait l’avocat des Petits États insulaires en développement (SIDS) en raison de leur vulnérabilité face au changement climatique. Navin Ramgoolam a expliqué que, comme dans le cas de Maurice, quel que soit le développement d’un pays ou son Produit intérieur brut (PIB), les petits États insulaires restent hautement vulnérables. Il n’est pas question de pénaliser Maurice en raison de son niveau de développement, a insisté Navin Ramgoolam.
Le commissaire Piebalgs a promis tout le soutien de l’Union européenne aux SIDS, surtout dans la perspective de la grande conférence qui se tiendra au Samoa sur le thème de la vulnérabilité des SIDS. L’Union européenne a par ailleurs accepté de décaisser un reliquat de 4 millions d’euros, relevant du Programme indicatif national (PIN), qui touche surtout au secteur de l’énergie. Il est question d’une utilisation soutenue de l’éthanol dans la production d’énergie.
Le commissaire Piebalgs a fait part au Premier ministre de sa vive appréciation pour le rôle d’avant-plan que joue Maurice sur le plan international, en particulier dans la résolution de la crise malgache. Le Premier ministre a finalement souhaité que Maurice et la Commission européenne concluent, dans les meilleurs délais, un accord de partenariat économique complet. Le Premier ministre a aussi rencontré le nouveau président malgache, Hery Rajaonarimampianina. Il a, à cette occasion, réitéré le soutien inconditionnel de Maurice à Madagascar et a insisté sur l’importance de la consolidation de la coopération entre nos deux pays. Navin Ramgoolam a d’autre part annoncé avoir eu l’occasion de transmettre ses félicitations au nouveau Premier ministre français Manuel Valls et la nouvelle ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, lors de son passage à Paris. Enfin, à Londres, le Premier ministre a eu une session de travail avec le conseiller du gouvernement  Philippe Sands concernant les Chagos.