Le candidat de Maurice au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, Jean-Claude de l’Estrac, entamera une tournée dans plusieurs capitales ouest-africaines au début du mois d’août après le sommet de la Commission de l’océan Indien à Moroni le 26 juillet prochain.
La tournée débutera à Dakar au Sénégal qui accueillera le prochain sommet de l’OIF en novembre prochain. Il se rendra ensuite à Cotonou au Bénin, à Abidjan en Côte d’Ivoire, à Libreville au Gabon, à Brazzaville en République du Congo et à Kinshasa en République Démocratique du Congo. Un déplacement à Pretoria en Afrique du Sud pour rencontrer les ambassadeurs des pays francophones d’Afrique est également envisagé.
Quatre candidats sont actuellement en lice dans la course pour cette haute fonction de la francophonie occupée actuellement par Abdou Diouf dont le mandat arrive à terme en novembre. Il s’agit d’Henri Lopes, diplomate congolais qui avait déjà présenté sa candidature à ce poste, Pierre Buyoya, ancien président du Burundi, Michaelle Jean, ancienne gouverneure générale du Canada et Jean-Claude de l’Estrac.
Les deux candidats les plus actifs dans le cadre de la campagne pour obtenir cette fonction sont Michaelle Jean et Jean-Claude de l’Estrac. Ce dernier avec l’aide du gouvernement mauricien a jusqu’ici multiplié les rencontres en particulier en Afrique. Sa candidature a été présentée aux dirigeants d’Afrique francophone par le ministre des Affaires étrangères Arvin Boolell lors du sommet de l’Union africaine de Malabo, en Guinée équatoriale, récemment. Sa candidature a fait l’objet d’une soixantaine d’articles en Afrique. Les derniers articles en date ont été publiés dans Homme d’Afrique et Jeune Afrique. Le dernier numéro de Prospective d’Afrique consacre plusieurs pages à une interview de Jean-Claude de l’Estrac.
Le candidat mauricien exprime sa volonté de faire de la Francophonie un élément de diversité et d’équilibre du monde. Le projet, explique-t-il, reposera sur plusieurs points dont le sentiment d’appartenance à une même famille. « Il existe aussi d’autres éléments, aussi divers que des zones monétaires et douanières, notamment en Afrique, des médias conscients de leur rôle, l’accroissement des relations entre les universités francophones et les centres de recherche du Nord et du Sud, une approche objective des flux migratoires évidemment ». Jean-Claude de l’Estrac dit son admiration pour Abdou Diouf pour des remarquables efforts déployés pour fournir à l’Afrique, aux universités et à leurs professeurs l’appui pédagogique moderne dont ils ont besoin.
L’IFE, source d’inspiration
« Cent mille professeurs pour l’Afrique est un vaste et remarquable programme dans lequel je compte beaucoup m’investir si j’ai l’honneur d’être en charge de notre organisation ». Jean-Claude de l’Estrac souligne également que la Francophonie a pour vocation d’être un espace de solidarité qui ne peut exister sans dimension économique ni utilité sociale. « Un pacte scellant l’entente raisonnée de nos pays et des acteurs économiques est un objectif raisonnable. Les lois du marché peuvent être pondérées par une meilleure prise en compte de ce que nous, Francophones, pouvons nous offrir les uns aux autres », affirme-t-il. « Dans le monde complexe qui est le nôtre, la création d’un Conseil économique et du développement durable, véritable « think tank » de haut niveau, pourrait poser les bases d’une influence croissante de la Francophonie dans la sphère économique », poursuit-il.
Le candidat mauricien souligne également le rôle joué par l’Institut de la Francophonie pour l’Entrepreneuriat (IFE), basé à Réduit, à Maurice, et qui a déjà formé plus d’une centaine de porteurs de projets francophones, principalement africains. Cet institut a lancé un master en commerce international axé sur les besoins en développement du continent. « C’est un exemple concret dont on peut s’inspirer », considère-t-il. Jean-Claude de l’Estrac évoque également son ambition de faire de la Francophonie un lieu de débat, en prise sur le réel : les universités, les écoles, les entreprises, les syndicats, les penseurs, les différents courants philosophiques et bien sûr les gouvernements. Bref, le monde tel qu’il est dans sa diversité. « La Francophonie ne peut pas être une organisation timide. Je suis convaincu, par exemple, que nous pouvons faire avancer les coopérations scientifiques, mettre à profit les réservoirs de connaissances et de savoir-faire des organismes de recherche, et impulser ainsi de nouvelles et prometteuses dynamiques Nord-Sud mais aussi Sud-Sud », conclut-il.