Dans un courrier qu’elle a adressé il y a quelques mois au Mauricien, Pravina Nallatamby poussait un cri du coeur à propos de la Bibliothèque nationale mauricienne, dont elle connaît à la fois l’irremplaçable valeur et la grande fragilité. Cette compatriote en poste depuis 1988 au Conseil international de la langue française (CILF), à Paris, partage cette fois-ci, toujours dans la rubrique Forum, un large extrait d’un article très complet sur la communauté sinomauricienne, qui vient d’être mis en ligne sur le site du CILF. Comme les nombreuses présentations qu’elle consacre aux expressions et patrimoines de l’espace francophone, celle-ci s’adresse à un lectorat très étendu et souvent éloigné du sujet traité. Mais il n’est pas dit qu’ici à Maurice, cet article particulièrement documenté n’ait rien à nous apprendre…
« Les Sinomauriciens, discrétion, action et solidarité… » dresse un panorama bien documenté sur cette population, minoritaire en nombre mais considérablement dynamique, qui a amené Pravina Nallatamby à fouiller les archives, à puiser aussi dans son propre vécu à Maurice et à enquêter auprès des compatriotes les plus érudits en ce domaine ainsi qu’auprès d’un petit échantillon de familles sinomauriciennes. De plus de vingt pages, cet article retrace bien sûr l’histoire des migrations successives qui ont nourri au fil du temps la communauté que nous connaissons aujourd’hui, avant d’en décrire les pratiques socio-culturelles, racontant par exemple l’évolution des systèmes de solidarité qui ont fait sa force, tout autant que les traditions et pratiques religieuses. La dernière partie de ce document est consacrée aux personnalités agissantes qui ont contribué à l’épanouissement économique et culturel de la communauté, ainsi qu’à la construction de Maurice en général.
En acceptant de partager cet article préparé pour le CILF dans notre Forum (voir plus loin), Pravina Nallatamby nous offre donc une belle occasion de réviser notre culture générale à l’occasion de La fête du printemps et de l’année du Singe qui s’annonce. Comme elle nous l’explique modestement, cette spécialiste de la langue française, notamment du français de l’île Maurice auquel elle a consacré son doctorat en 1993, ne prétend pas faire oeuvre d’historienne ou de poétesse, mais les articles qu’elle écrit montrent un souci à la fois ouvert, attentionné et profond de l’expression des cultures, qu’elle contribue à mieux faire connaître par-delà les frontières. La thèse qu’elle a présentée en sciences du langage à l’Université de la Sorbonne Nouvelle, à Paris, a donné lieu à une première publication en 1995 sous le titre « Mille mots du français mauricien ».