Le Premier ministre a, dans son message diffusé à l’occasion de la journée internationale de la francophonie hier, confirmé la candidature de Jean-Claude de l’Estrac, actuellement secrétaire général de la COI, à la succession d’Abdou Diouf.
« L’année 2014 est une année charnière pour l’Organisation internationale de la francophonie. À sa tête depuis 2003, le président Abdou Diouf en a fait un acteur de premier plan de la diplomatie internationale. Lui succéder impose de mesurer l’oeuvre accomplie et de s’en inspirer. C’est pourquoi la République de Maurice a décidé de proposer à la communauté des États francophones la candidature de Jean-Claude de l’Estrac, homme de culture et de progrès, diplomate expérimenté tourné vers les défis de l’avenir et communicateur avisé qui saura faire entendre la voix de la francophonie », affirme le Premier ministre.
Pour Navin Ramgoolam, cette proposition mauricienne incarne la richesse d’un projet mobilisateur pour les pays qui attendent beaucoup d’une francophonie active au service d’une mondialisation respectueuse de la diversité. « Je suis convaincu que la communauté francophone peut jouer de sa force culturelle, économique et politique et de ses réseaux pour influer sur le cours des événements internationaux. La langue française, que nous avons en partage, et le langage de paix et de coopération que nous privilégions, demandent à se faire entendre haut et fort dans les instances internationales », insiste-t-il.
Le Premier ministre souligne dans son message que Maurice a donné naissance à un modèle de diversité culturelle et de coexistence des communautés. « Nous avons réussi notre multiculturalisme. Notre ambition est de l’entretenir, de favoriser encore plus l’échange et la compréhension entre les différentes cultures », souligne-t-il.
Il ajoute que malgré ses imperfections, la société mauricienne a su bâtir un pont entre toutes ses composantes. « Le poète Édouard Maunick l’a écrit très justement : « Nous additionnons nos fidélités à l’Orient, à l’occident et à l’Afrique pour fonder une symbiose, certes difficile, mais seule capable de nourrir notre quotidien. » Grâce à ces filiations multiples, notre pays est devenu à son tour un tremplin pour l’Afrique, l’Asie et l’Afrique », souligne Navin Ramgoolam.
Il dit également que Maurice est une passerelle entre le monde francophone et le Commonwealth, est membre de l’Union africaine et aussi une fenêtre ouverte sur les organisations de la sous-région, le Marché commun de l’Afrique orientale et australe, la Communauté de développement de l’Afrique australe, la Communauté d’Afrique de l’est, l’autorité intergouvernementale pour le développement. Il rappelle que Maurice abrite déjà le siège de l’Indian Ocean Rim Association et de la Commission de l’océan indien.
L’annonce de la candidature de Jean-Claude de l’Estrac a été reprise par la presse africaine. Ainsi, Financial Afrik le présente comme le « probable successeur d’Abdou Diouf ». « Ce diplomate doublé d’un homme de lettres et d’un engagement à l’échelle régionale et internationale couronnées de plusieurs succès est favori pour la succession du Sénégalais Abdou Diouf à l’automne prochain », écrit le journal.
Pour sa part, Jean-Claude de l’Estrac observe que la campagne a bien démarré mais reconnaît qu’il y a encore un long chemin à parcourir. « Le début de la campagne est encourageant, je reconnais que la fin sera difficile », a-t-il déclaré au Mauricien.