Alors qu’il voulait contester la décision des autorités françaises de les faire rentrer via des procédures d’extradition, et ce afin de les arrêter dans le cadre d’un détournement de 10 M d’euros en France, le couple Sicart est revenu sur sa décision. Jonathan Sicart et son épouse, Carine Sicart-Callejo, dans une déclaration en cour hier, a en effet accepté de se plier à la requête des autorités françaises. Ils ont dans la même foulée indiqué avoir révoqué les services de leurs avocats, Mes Gavin Glover et Yahia Nazroo.
« Nous avons pris la décision, ferme et définitive, de révoquer nos avocats respectifs, Mes Gavin Glover et Yahia Nazroo. Nous ne souhaitons être représentés par aucun autre avocat à Maurice », a fait comprendre Jonathan Sicart lors de sa comparution en cour hier en compagnie de son épouse, indiquant que leurs hommes de loi ont été informés de leur décision, lors de la visite de l’un d’eux dans leur cellule dimanche. Le couple a toutefois tenu à ajouter que leur avoué, Me Sewraj, « est toujours mandaté en ce qui concerne la requête pour débloquer des fonds afin que nos enfants puissent subvenir à leurs besoins ». Jonathan Sicart fini alors par soutenir  que « nous acceptons l’extradition de la France tel que l’Attorney General l’a formulée ».
À l’origine, les Sicart voulaient rentrer en France par leurs propres moyens. Mais dans un jugement rendu la semaine dernière, la magistrate Naveena Parsuramen n’a pas accédé à leur requête, statuant qu’un mandat d’arrêt international avait été émis contre eux et que l’Extradition Act en vigueur à Maurice ne spécifie pas qu’un accusé puisse se rendre par ses propres moyens dans le pays où il est recherché. La magistrate s’était de fait pliée à la décision des autorités françaises d’avoir recours aux procédures d’extradition, « selon l’article 11(5) de l’Extradition Act, qui décrit  clairement les procédures à adopter après une arrestation ».
Les Sicart, par le biais de leurs avocats, devaient dans un premier temps contester cette décision. Toutefois,  ils ont changé d’avis hier, acceptant de « se soumettre volontairement aux autorités françaises ». Le couple Sicart a demandé que l’affaire soit entendue « au plus vite » afin de pouvoir obtenir la liberté sous caution, « pour nous permettre de réconforter nos enfants mineurs, confrontés à une situation incompréhensible, et pour protéger mon épouse, en isolement physique et psychologique d’une exceptionnelle violence ».
Me Yvan Jean-Louis, le représentant de l’Attorney General, devait faire comprendre que, selon les procédures, les avocats doivent être présents en cour pour confirmer que leurs services ne seront plus retenus dans cette affaire. « Une fois leur révocation confirmée, nous serons en mesure d’écouter l’affaire », a-t-il indiqué. Concernant leur demande de mise en liberté sous caution, Me Yvan Jean-Louis a soutenu que « cette demande devra être déterminée de concert avec les autorités françaises, qui n’ont pas encore été consultées à ce sujet ». Face à ces déclarations, la magistrate Parsuramen n’a eu d’autre choix que de renvoyer le couple Sicart en cellule jusqu’à mercredi, date à laquelle leurs avocats devront être présents en cour pour confirmer la décision du couple.
Le couple Sicart est accusé par la justice française d’avoir fui leur pays après avoir détourné 10 millions d’euros, soit Rs 400 millions, de leur entreprise Callejo-transports, près de Toulouse. Ils ont posé leurs valises à Maurice en 2015 avec leurs enfants à Case-Noyale. Toutefois, les autorités françaises ont demandé leur rapatriement en France à travers Interpol afin que les Sicart soient jugés.