Ranjivsingh Rishi Kumar Boolauck, celui qui avait fait parler de lui après avoir dénoncé une fraude de Rs 700 M au sein de la Mauritius Housing Company (MHC) et qui avait entrepris des actions légales en Cour suprême contre l’institution qui voulait le convoquer à un comité disciplinaire, a été limogé par la MHC jeudi dernier. Il devait alors retirer sa demande d’injonction vendredi contre la MHC en raison de son limogeage. Il ne compte toutefois pas en rester là et devrait déposer une plainte en cour pour réclamer des dommages à la MHC ultérieurement.
Celui qui occupait le poste de Head Corporate Planning and Development à la MHC avait dénoncé au moins 37 cas de fraude et de corruption concernant de hauts cadres de la MHC, qu’il avait référés à l’ICAC et au commissaire de police. La MHC voulait alors le convoquer à un comité disciplinaire pour avoir divulgué des informations à la presse.
Ranjivsingh Boolauck devait toutefois échapper à deux comités disciplinaires après avoir saisi la Cour suprême. Le 15 février, la juge Rita Teelock, siégeant en référé, avait émis un ordre d’injonction intérimaire décrétant la suspension du comité disciplinaire à son encontre, qui devait avoir lieu le même jour. La MHC était revenue à la charge et voulait le convoquer une nouvelle fois le 9 mars. Cette fois encore, le dénonciateur a obtenu un ordre d’injonction intérimaire de la cour pour la suspension du comité disciplinaire.
Il a soutenu dans ses affidavits qu’il ne devrait pas faire l’objet d’action disciplinaire pour avoir agi selon les règlements, en vertu de l’article 49 (2) (b) de la Prevention of Corruption Act 2002 (POCA). Et d’indiquer avoir confié ces cas à l’ICAC « as a legal duty », ajoutant qu’il n’avait nullement l’intention de ternir la réputation de la MHC. Il a par la suite soutenu qu’il a agi selon ses responsabilités et qu’à aucun moment il n’a daigné « attaquer la crédibilité de la MHC en tant qu’institution financière ». Il soutenait que transmettre ces cas à l’ICAC pour une enquête « was necessary and obligatory in order to preserve and to maintain confidence in the business affairs and activities of the Respondent (NdlR : la MHC) ».
Au sein de l’institution, Ranjivsingh Rishi Kumar Boolauck avait notamment eu comme responsabilité d’agir comme Anti-Money Laundering Reporting Officer. C’est lors de ses investigations en cette qualité qu’il avait détecté de « sérieuses irrégularités », dont « plusieurs cas de fraudes et de corruption au sein de la MHC », ciblant de hauts cadres de l’institution. Il a soutenu que depuis ses révélations, des employés avaient commencé à se montrer hostiles envers lui et avaient eu recours à des intimidations pour qu’il mette un terme à ses enquêtes. Ranjivsingh Rishi Kumar Boolauck déplore également que certains cadres de l’institution aient aboli le système de contrôle interne, ajoutant que cette action « était délibérée en vue de favoriser les fraudes ».
Jeudi dernier, la MHC décide alors de le licencier. Le lendemain, il retire sa demande d’injonction logée contre la MHC en raison de cette nouvelle tournure. Toutefois, sa plainte initiale pour contester sa convocation par la MHC sera appelée le 23 mai en Cour suprême. Ranjivsingh Boolauck est représenté par Me Neelkanth Dulloo et Me Kaviraj Bokhoree, avoué.