Le porte-parole du Collectif des secteurs libérés, Jack Bizlall, a tenu samedi sa promesse de dénoncer nommément ceux qu’ils tiennent pour responsables de la dégradation sociale du pays. Pendant presqu’une heure sous le kiosque du Plaza à Rose-Hill, l’ancien syndicaliste n’a épargné personne : du Premier ministre Navin Ramgoolam (sa principale cible) à certains membres du judiciaire en passant par les proches du pouvoir.
« Navin Ramgoolam, li enn ple monimantal pou nou sosiete ! » a d’emblée lancé Jack Bizlall qui, avant la marche de protestation contre la privatisation, a prévenu à la Place Margéot à Rose-Hill qu’il allait faire du Premier ministre sa principale cible lors de son meeting peu après sous le kiosque du Plaza. « Eski li interes kone ki pe passe dan sa pei-la ? » a poursuivi le porte-parole du Collectif des secteurs libérés.
L’orateur a affirmé que, depuis qu’il est au pouvoir, le Premier ministre n’a jamais trouvé le temps pour rencontrer les représentants syndicaux en vue d’écouter leurs doléances. « Li pa gagn letan recevoir travayer dan so biro, me lezot dimounn oui ! », a fustigé Jack Bizlall. Il a accusé Navin Ramgoolam de se laisser influencer par la pression des organisations socioculturelles qu’il a qualifié de « mafia ». « Eski enn sosiete kapav kontinie dirize par bann konsiderasyon le pli sekter, le pli abjek ? »
Poursuivant sur sa lancée, Jack Bizlall a dénoncé nommément, entre autres, des proches du pouvoir qui auraient bénéficié des terres de l’État et les auraient par la suite fait fructifier grâce à des partenariats avec des étrangers. Citant des noms, le porte-parole du Collectif des secteurs libérés a évoqué des cas de transfert punitif pour cause de dénonciation de scandales relatifs entre autres à la revente des terres de l’État. « Si sa se pa iresponsabilite politik, se kwa iresponsabilite politik ? » s’est-il interrogé. Il a par conséquent réclamé une enquête sur les terres de l’état.
Le porte-parole du Collectif des secteurs libérés a aussi réclamé une enquête sur notre aéroport où, affirme-t-il, une dame proche du Premier ministre exercerait une influence indue, et où des personnes bien placées feraient rentrer de la drogue sans être autrement inquiétés. « Mo finn ekrir li, nanyen pa finn fer ziski-si », a-t-il déploré.
Jack Bizlall n’a pas manqué de commenter le récent rapport de l’Audit. « Liresponsabilite sa gouvernma-la lor rapor l’Audit, li enorm ! » s’est-il écrié. Il a dans ce contexte sévèrement critiqué le souhait du Premier ministre de devenir président de la République avec davantage de pouvoir afin de changer les choses. « Deza li exazere… Deza li fer kiksoz inakseptab… Be ki li pou fer si ou donn li plis pouvwar ? »
Tout en citant des noms, l’orateur a évoqué des scandales à la Tertiary Education Commission, à la State Trading Corporation, au port, aux casinos ainsi que les conspirations et nominations politiques. « Se sa la bonn gouvernans ? Kouma oule alor ki nou pei devlope ? » Le porte-parole du Collectif des secteurs libérés a lancé une mise en garde contre la dégradation des moeurs à Maurice. Il s’est élevé, entre autres, contre la prolifération de salons de massage et le développement du tourisme sexuel.
Jack Bizlall n’a pas non plus épargné certains membres du judiciaire qu’il a également nommément dénoncé. Il les accusent de conflit d’intérêts et de présider des comités disciplinaires alors qu’ils sont susceptibles d’être appelés à entendre ces mêmes cas par la suite. « Zot realize dan ki sitiasyon nou ete ? » s’est-il écrié.
Concluant son meeting, le porte-parole du Collectif des secteurs libéré a exhorté les Mauriciens à se rassembler pour un changement. « Nou pa kapav kontinie koumsa ! Anou rasanble pou enn sanzma, pou riptir ek seki pa bon… Dimounn bizin mett zepol ansam ek konstruir le pei ! » dit Jack Bizlall. Il a lancé un appel aux Mauriciens de soutenir une assemblée des femmes le dimanche 29 juillet à l’auditorium Octave Wiehe à Réduit.