L’enquête ouverte par les autorités indiennes au sujet d’un cas de corruption de grande envergure, avec l’interpellation d’un ancien commandant de l’armée de l’air indienne, pourrait secouer le secteur Offshore de Maurice. Jusqu’ici, les limiers de l’Enforcement Directorate de l’Inde sont dans l’attente d’un échange d’informations de la part des autorités mauriciennes au sujet des entités du Global Business Sector impliquées dans l’acheminement en Inde du Bribe Money, évalué par le Times of India, à environ 30 millions d’euros, pour être distribué à des bureaucrates, politiciens et officiers de l’Indian Airforce. Entre-temps, le magazine d’informations, India Today, a versé une pièce majeure du puzzle dans le dossier à charge. Les informations sont révélées par un des contacts mauriciens de ce réseau de fraude et corruption, considéré comme « the country’s biggest arms scandal since Bofors ».
Devant les dernières révélations d’India Today, la Financial Services Commission (FSC) à Maurice a été sommée de soumettre un rapport complet sur les ramifications derrière l’Agusta Westland Chopper Deal, qui défraie la chronique en Inde depuis des mois. Le rapport de la FSC, qui sera soumis incessamment aux autorités, concerne l’identité de la Management Company ou autres entités impliquées dans ces opérations de transfert de fonds entre l’Inde, la Tunisie, Maurice et de nouveau l’Inde pour le versement des commissions illégales.
Néanmoins, l’aspect le plus important du rapport porte sur le rôle de Me Gautam Khaitan, un homme de loi indien, qui a figuré parmi les premiers suspects interpellés à l’ouverture de l’enquête de l’Enforcement Directorate en Inde sur le Choppergate. Il a été de nouveau inquiété par les autorités indiennes récemment à la suite d’un jugement de la Cour suprême en Italie condamnant deux responsables italiens pour fraude et corruption dans ce même scandale. En effet, cet homme de loi est présenté dans la presse indienne comme étant un « Adviser of the Financial Services Commission » de Maurice.
« The Mauritian kickbacks factory… »
Cet élément d’information a été dévoilé par India Today à la suite d’une interview d’un Mauricien, Shakil Fakeermahamood, présenté comme étant « privy to confidential emails from Gautam Khaitan, managed Khaitan’s Interstellar Technologies in Mauritius by proxy and privy to secret transactions in dollars and euros to unknown destinations ». De ce fait, face à des journalistes d’India Today, qui avait dissimulé leurs identités, le dénommé Fakeermahamood aurait déclaré que « Yes, everybody knows Gautam Khaitan in Mauritius. He was adviser of Financial Services Commission »  avant d’ajouter que « he was negotiating on the tax treaty with India. He was…If you take the case of Mr Khaitan, he is a lawyer. Everybody pays consultancy fees. »
Avant d’entrer dans le vif du sujet avec Shakil Fakeermahamood, les représentants d’India Today devaient mettre à l’épreuve son expérience dans le domaine du Global Business. Ils devaient être plus que satisfaits des explications selon lesquelles « the best structure would be trustee… you have to give me trust deed. I will know who is the trustee. Then trustee forms Global Business License 1 company in Mauritius and GBL 1 invests in India through an industry which is allowed. Now, there is no issue of tax as there is no income. The trustee is extending itself through investments through assets. »
Dans le dossier à charge de l’Enforcement Directorate de l’Inde sur le scandale, la presse indienne révèle que  « Fakeermahamood is the person who allegedly handled the flow of kickbacks through Mauritius at the instructions of one of the main scam suspects, Delhi-based lawyer Gautam Khaitan, who is currently out on bail. »
Au chapitre du modus operandi, India Today avance que « once the shell company is formed, the Mauritian kickbacks factory blossoms with hundreds of consultants suddenly available to work the scam. A brilliant, well-oiled nexus between local money hustlers and overseas law-dodgers. The kickbacks money gets funnelled to nations in various seemingly innocent ways. For India, it’s the FDI route. Mauritius is a fertile market for operatives like Fakeermahamood, courtesy of local laws. »
Affaire à rebondissements à suivre…