Le Central CID a ouvert une enquête sur le Board of Investment (BOI) à la suite de l’inculpation provisoire en début de semaine de deux ressortissants français pour fausses déclarations et usage de documents falsifiés en vue d’obtenir des permis de résidence ou autres Occupation Permits et Investment Permits. Sur la base des explications fournies lors de leurs interrogatoires, les enquêteurs soupçonnent l’existence et l’opération d’un réseau d’escroquerie au sein du BOI. Depuis ce matin, un officier du Board, Avinash Roy, habitant Beau-Bassin, subit un interrogatoire, dont les éléments devraient permettre à la police de remonter jusqu’au cerveau bien calé au sein de cette institution et tirant les ficelles de ce racket. Le tarif minimal réclamé pour un permis de résidence est de Rs 100 000 avec des compléments pour tout service spécial.
Les recoupements d’informations effectués par Le Mauricien auprès des sources concernées indiquent que les détails révélés par les deux premiers ressortissants étrangers inculpés confirment l’existence de ce réseau de fraudeurs et d’escrocs au BOI. Ces deux prévenus, qui ont regagné la France ce matin contre la garantie d’un retour pour la suite de l’enquête policière, affirment qu’ils s’étaient rendus dans les locaux du BOI en vue de s’enquérir des procédures pour l’obtention des permis de résidence car ils avaient l’intention de passer leur retraite professionnelle à Maurice.
« Au BOI, on nous a fait comprendre qu’il ne fallait pas se déranger tous les mois pour des démarches et que ce serait mieux de laisser tous nos papiers d’un seul coup et que le préposé nous allait informer par la suite », ont déclaré en substance les deux Français dans leurs dépositions au Central CID. Le montant réclamé pour ces démarches est de Rs 100 000 par permis recherché.
« Quelque temps après, nous avons reçu un appel téléphonique sur un numéro s’apparentant à un de ceux attribués au BOI. Notre interlocuteur a fixé un rendez-vous pour la remise des permis officiels. Il nous a attendu à l’extérieur des bureaux du BOI pour nous les remettre », ont maintenu les deux étrangers aux enquêteurs de la police, en présence de leur homme de loi.
Lors de l’interrogatoire, quand ces deux Français ont été confrontés aux documents soumis en vue de soutenir leurs demandes de permis de résidence, ils ont été surpris de constater qu’ils étaient clients dans une banque mauricienne, dont ils ignoraient jusque-là l’existence. Le dossier comprenait de fausses garanties bancaires émises en leurs noms et de faux documents sans aucune connaissance de leur part.
À partir de ces éléments, le Central CID oriente son enquête à l’intérieur du BOI en vue d’élucider les circonstances dans lesquelles ces faux documents ont pu se retrouver dans ces dossiers. Une première assignation à interrogatoire Under Warning a été servie ce matin à un officier du BOI se retrouvant aux Casernes centrales pour des explications.
À la mi-journée, l’interrogatoire de ce représentant du BOI se poursuivait et une perquisition en bonne et due forme est orévue au domicile de l’officier du BOI.  Du côté du Central CID, l’on se garde de faire de commentaires sur les opérations de ce réseau d’escroquerie car le cerveau « is still at large ». Cette enquête est suivie de très près par le Prime Minister’s Office et il n’est pas à écarter que tous les dossiers des permis octroyés à des ressortissants étrangers par le BOI au cours de ces derniers mois soient réquisitionnés à des fins de contrôle par les limiers du Central CID.
D’autres arrestations sont à prévoir au fur et à mesure que l’enquête de la police progresse. Cette enquête avait été initiée à la demande du Passport and Immigration Office suite à la découverte d’éléments non-conformes dans les dossiers de ces ressortissants étrangers.