Le procès intenté à neuf hauts fonctionnaires, sept Rodriguais et deux Mauriciens, poursuivis sous une charge de “public official using office for gratification”, débutera en Cour intermédiaire le 20 mars. Il est reproché à ces cinq femmes et quatre hommes d’avoir alloué deux contrats de gardiennage à une société alors que les procédures d’appels d’offres n’avaient pas été suivies à la lettre.
Il est reproché aux neufs hauts fonctionnaires d’avoir alloué un contrat de service de gardiennage à une agence ayant un « non-responsive bid ». A la suite d’une motion présentée par Me Yousuf Mohamed en cour aujourd’hui, lors de la comparution des hauts fonctionnaires, la magistrate Razia Jannoo-Jaunbocus a ajourné le procès au 20 mars. L’ICAC devra prendre position sur la motion logée par la défense le 13 mars.
Après plusieurs mois d’enquête sur l’octroi par l’Assemblée régionale de Rodrigues en 2007, alors que le Mouvement Rodriguais (MR) était au pouvoir, de deux contrats de gardiennage, l’ICAC avait procédé en janvier de l’année dernière à neuf arrestations, tous des hauts fonctionnaires de l’administration, dont deux Mauriciens. Parmi eux se trouvent un ancien Island Chief Executive sous l’administration du MR et aujourd’hui Head of Department dans une des commissions de l’Assemblée régionale, Joseph Ah-Leong Chang Siow ; le Head of Department à la Commission des Arts et de la Culture, le Mauricien Jacques Roger Rousseau ; le Head of Department de la Commission de l’Éducation Christelle GrandCourt, dont l’époux avait déjà assumé les fonctions de commissaire à l’Infrastructure ; et Daniel Nima, membre du Departmental Tender Committee de la Commission de la Santé de Rodrigues. Les autres fonctionnaires poursuivis dans cette affaire sont Nathalie Roussety, Jean-Daniel Roussety, Rolanda Castelle, Marylaine Spévillle et Marie Noelette Spéville, qui occupent des fonctions de Finance Officer, Assistant Procurement and Supply Officer et Financial Operation Officer au sein de l’administration de l’ARR. Ils sont inculpés sous l’article 7 de la Prevention of Corruption Act, notamment de “public official using his office for gratification”. Chacun d’eux avait eu à fournir une caution de Rs 15 000 et signer une reconnaissance de dettes de Rs 50 000 pour retrouver la liberté provisoire après leur comparution devant la Cour de Rodrigues.
En 2007, une société gérée par un dénommé Giovanni Etienne, proche du Mouvement Rodriguais, s’était vu octroyer deux contrats de gardiennage alors que les procédures d’appels d’offres n’avaient pas été scrupuleusement suivies à la lettre. Dans cette affaire, le principal contentieux, selon l’ICAC, est que les offres soumises étaient “non-responsive” et auraient dû être éliminées car la société ne détenait pas les permis nécessaires pour les opérations relatives.