Alan Ganoo, leader de l’Opposition et leader p.i. du MMM, critique vivement « l’incompétence » et la « démission » du gouvernement et des institutions régulatrices qui ont été, selon lui, mises en exergue dans la fraude financière massive récemment mise au jour. Le leader de l’Opposition cible particulièrement le ministre des Finances, Xavier Duval qui, d’après lui, tente de se dédouaner en renvoyant la balle aux autres. Tout en adressant une mise en garde au gouvernement contre toute tentative de cover-up de l’enquête policière en cours, le leader p.i. du MMM réclame parallèlement l’institution d’un Select Committee de parlementaires pour se pencher sur toute cette affaire en vue, dit-il, de redorer le blason de notre centre financier.
Alan Ganoo trouve que « l’incompétence » et la « démission » du gouvernement et des institutions régulatrices ont été mises en exergue dans le scandale financier autour de cette affaire de fraude massive impliquant une somme estimée à au moins Rs 700 millions. « Comment, dit-il, avec toute la panoplie de moyens disponibles, une telle fraude a pu se produire? », se demande-t-il. Le leader de l’Opposition trouve que tous les protagonistes doivent assumer leurs responsabilités « à commencer par le gouvernement. »
Il cible particulièrement le ministre des Finances, Xavier Duval. « Il est, dit-il, trop facile pour le ministre de tutelle de renvoyer la balle aux autres. Xavier Duval ne saurait se dédouaner », juge le leader p.i. du MMM. Il pointe du doigt, dans un deuxième temps, la Banque de Maurice (BoM) et rappelle que le gouverneur de la Banque centrale a lui-même déclaré que l’institution qu’il dirige était au courant, depuis un certain temps, de ce qui se faisait et avait référé l’affaire aux autorités concernées.
« A quelles autorités la BoM a-t-elle rapporté l’arnaque et qu’a-t-elle fait quand celles-ci n’ont pas réagi? », se demande le leader de l’Opposition. Alan Ganoo cible, enfin, la Financial Services Commission (FSC) qui, trouve-t-il dans cette affaire, a « complètement failli à sa tâche de chien de garde du système financier. » Pour lui, la FSC de même que la Financial Intelligence Unit (FIU) sont autant d’institutions censées assumer la bonne marche du ststème financier.
Il évoque également la responsabilité de la Mauritius Revenue Authority (MRA), des banques commerciales ainsi que des « leasing institutions ». Si, explique-t-il, des « suspicious reports » ont été adressés, dans certains cas, selon ses informations, le leader de l’Opposition veut savoir si toutes les banques et toutes les institutions de crédit-bail ont rapporté l’ensemble des transactions qui leur semblaient louches. De même, il veut savoir si la MRA a diligenté des enquêtes si des informations lui sont parvenues.
« Black Money » qui circule dans le pays
Mais Alan Ganoo insiste: en tant que ministre de tutelle, Xavier Duval n’a pas le droit d’essayer de faire porter le chapeau à d’autres. « Il tente de justifer une telle fraude massive, déclare le leader de l’Opposition, en  soutenant  qu’aucun pays  n’est à l’abri d’un scandale financier semblable. » Soulignant qu’une enquête policière est en cours, il met en garde le gouvernement contre toute tentative de cover-up dans ce scandale qui, selon lui, implique une somme « dépassant le milliard. » Il demande ainsi à ce que tout soit fait « avec diligence et célérité. »
Parallèlement à l’enquête policière en cours, le leader p.i. du MMM réclame, au nom de son parti, l’institution d’un Select Committee de parlementaires vu, dit-il, l’ampleur de l’affaire. Il explique qu’après avoir, dans un premier temps, été tenté par une demande de Commission d’enquête, le MMM estime plus approprié qu’un Select Committee de la Chambre s’y colle. Il explique, à ce propos, qu’un tel comité de parlementaires pourrait considérer l’utilité d’amendements aux lois. « Il faut, dit-il, en profiter pour établir l’étendue du black money qui circule dans le pays et s’il y a d’autres sociétés obscures qui opèrent dans la même filière. »
Alan Ganoo est d’avis qu’avec cette affaire, tout le système financier mauricien est « couvert de honte. » Il indique qu’au moyen d’Internet, le scandale financier mis au jour est déjà connu à travers le monde. Revenant à la proposition de Select Committee qu’il a formulée, le leader p.i. du MMM indique de son parti est prêt, pour cela, à mettre son expertise à la disposition de l’État et de la population.
Il cite même les noms des députés MMM Kee Cheong Li Kwon Wing, Reza Uteem et Veda Baloomoody qui, dit-il, s’y connaissent en la matière. « Cela peut se faire mardi même s’il le faut », ajoute le leader de l’Opposition qui, interrogé, n’écarte pas la possibilité que sa prochaine PNQ, ce jour-là, soit justement consacrée à toute cette affaire. Alan Ganoo dit, toutefois, que le mandat d’un tel Select Committee devra être préalablement déterminé et que le ministre des Finances ne pourrait en faire partie dans la mesure où il serait lui-même appelé à déposer.
Concluant sur ce dossier, le leader p.i. du MMM est d’avis que ce scandale financier vient aussi mettre en exergue la mentalité d’argent facile qui s’impose dans le pays avec une certaine « perte des valeurs. » « C’est, dit-il, un virus qui attaque la société. » Il y a, selon Alan Ganoo, une véritable « pandémie » de « l’argent à tout prix. » Si, dit-il, « le peuple perd son âme », c’est, selon le leader de l’Opposition, « la faute au gouvernement. »
Produits pétroliers: « des chiffres qui dérangent »
Revenant, par ailleurs, sur sa PNQ de mardi dernier consacrée aux produits pétroliers et au contrat d’acheminement de ces produits liant la State Trading Corporation (STC) à la société Betamax, le leader de l’oposition est d’opinion que ses interpellations auront permis la révélation de « chiffres qui dérangent. » Il rappelle, entre autres, que le gouvernement réalise des profits de Rs 6,7 milliards sur les produits pétroliers et que pour rembourser une somme de Rs 4,7 milliards sur le hedging, il aura fallu contracter un prêt et payer additionnellement Rs 237 millions sous forme d’intérêts.
Alan Ganoo explique aussi que les taxes diverses et autres prélèvements perçus sur la vente au détail des carburants représentent 45% de leur coût à la pompe. Il indique qu’alors qu’en Angleterre, le Chancelier de l’Echiquier a refusé, la semaine dernière, d’augmenter les prix des produits pétroliers, à Maurice, le Premier ministre s’est récemment flatté d’avoir personnellement – et non le ministre des Finances – fait réduire les frais d’enregistrement des grosses cylindrées alors qu’une baisse du prix des carburants s’imposait.
Au sujet du permis à points, le leader de l’Opposition trouve qu’il s’agit, là, d’un dossier de plus qui a été « mishandled » par un autre ministre. « Le MMM, dit-il, appelle depuis longtemps le ministre Anil Bachoo à rencontrer les chauffeurs  professionnels mais il s’est obstiné à n’en faire qu’à sa tête en insistant que le permis à point entrera en vigueur le 1er avril. » Il poursuit en rappelant que le leader en congé du MMM, Paul Bérenger et lui-même ont, plus d’une fois, appelé Anil Bachoo à revoir ses modalités d’application.
Alors que les autorités policières ont finalement proposé des amendements, il trouve qu’il s’est confirmé que le ministre « faisait fausse route. » Il renouvelle son appel au ministre pour qu’il consente à rencontre les porte-parole des chauffeurs professionnels. Au cas où le ministre du Transport routier s’obstine à ne pas les rencontrer, le leader p.i. du MMM indique que le Remake de 2000 prend, lui, l’engagement de revoir, au pouvoir, toute cette question de modalités d’application du permis à points.