Un trafic de fausses factures et de réclamations fictives impliquant des opérateurs.

Un camion quittant Roche-Bois Pumping Station à 14h11 est enregistré d’avoir accédé à la Mare-Chicose Landfill à 14h12 le même jour.

Cette fraude de «leachate carting» pourrait remonter à 2014, avec des préjudices majeurs aux fonds publics, dont un budget de Rs 455M pour 2018-19.

En cette fin de mandat du gouvernement de Lalyans Lepep, le ministère de l’Environnement pourrait se retrouver en porte-à-faux et dans une posture des plus embarrassantes en matière de bonne gouvernance. Indépendamment de l’enquête initiée par l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) au sujet de l’octroi d’un contrat d’uplifting des régions côtières dans le Sud avec le dossier « Missing at the Ministry’s Registry », un autre gros scandale pointe du nez avec des fraudes portant sur de centaines de millions de roupies dans la gestion de leachate carting à Mare-Chicose.

Ceux qui ont eu le privilège d’avoir accès aux premiers éléments d’enquête sur ces pratiques frauduleuses n’hésitent pas à parler de hold-up de fonds publics en plein jour. À titre d’exemple, un des camions engagés dans le transfert de lixiviat (leachate) à la station de pompage de la Wastewater Management Authority à Roche-Bois est crédité d’avoir pris seulement une minute pour effectuer le trajet de Port-Louis à Mare-Chicose. Ce n’est nullement un cas isolé et dans un premier temps, des paiements litigieux sur la base de ces « fictitious trips », qui avaient déjà été validés officiellement, ont été bloqués. Mais à ce stade, soit cinq mois après la découverte de ce pot aux roses, très peu d’indications quant aux mesures correctives sont signalées officiellement.

« The kind of practices observed at Mare Chicose Landfill amounts to something beyond mere anomalies or oversight and grossly exceeds the threshold where matters could be resolved through contract management. Rather, as there is adequate evidence to infer that there were premeditated, well-planned, sychronized and repeated unlawful actions in the conduction of a fraud for financial gain. It is is strongly recommended that the matter be referred without delay to the competent authorities for further investigation », note un rapport officiel en date du 5 mars denier sur ces pratiques frauduleuses. Mais compte tenu des connexions des protagonistes impliqués dans ce deal « estimated at several dozens of millions of rupees likely to be involved in this activity », un silence sournois est observé dans les milieux officiels à ce sujet.

Tout avait commencé le 20 février dernier, avec des informations à l’effet que « a larger number of leachate carriers are being recorded at the weighbridge station than the actual number of carriers visiting the Mare Chicose Landfill ». Une des formules utilisées est que pour chaque trois camions passant sur la balance de Mare-Chicose, cinq weighbridge tickets sont générés frauduleusement par le système. Les soupçons initiaux sont que « additional weighbridge tickets for the fictitious carriers are printed at the weighbridge station at the landfill and handed over to the outgoing carriers present at the lanfill. These are in turn handed over to the fictitious carriers along the way, in areas close to the Roche Bois Pumping Station ».

À partir de ces informations, un programme de surveillance est monté entre le 25 février et le 1er mars de cette année pour des vérifications. Les conclusions de ce monitoring des mouvements des camions assurant le transfert des déchets de Mare-Chicose à Roche-Bois sont des plus effarantes. Force est de constater que les pratiques de « fictitious carriers » sont plus fréquentes pendant le week-end et les jours fériés, même si les heures d’ouverture du centre de traitement de déchets sont plus courtes.

Les résultats de l’opération de surveillance confirment qu’en moyenne pour chaque trois voyages, un est fictif vu qu’à l’heure où le weighbridge ticket est émis, le camion désigné ne pouvait être à Mare-Chicose ni sa présence relevée dans les parages au moins par des officiers de la Solid Waste Management Division sur place. Dans un cas, le constat est sans appel, car « three fictitious trips since carriers (with vehicle IDs avec les numéros notés dans le rapport) were seen leaving Roche-Bois Pumping Statin at 14h11, 14h14 and 14h25, respectively and could not have entered th Mare-Chicose Landfill at 14h12, 14h12 and 14h14 ».

Dans un autre cas, le camion assurant le transfert de déchets était physiquement à Mapou alors que deux weighbridge entries (in and out) indiquaient que ce véhicule était au centre d’enfouissement de Mare-Chicose. Les exemples de ces cas de fraude relevés lors de cette opération de surveillance sont légion au cours de cette courte période. Dns un premier temps, le Principal Financial Operations Officer au ministère de l’Environnement fut sommé de geler des paiements par rapport à Mare-Chicose au nom d’un des opérateurs, soit de Rs 29 638 417.55 et de Rs 12 097 904.94. Et cela, même si ces réclamations avaient déjà été validées officiellement.

Difficile à dire si les recommandations soumises au ministère sur la base de l’exercice sur le terrain se déroulant à la fin de février dernier ont été tenues en ligne de compte, car « The surveillance programme has enabled the fraudulent practices with regard to the carting away of leachate from the Mare Chicose Landfill to the Roche Bois Pumping Station to be confimed. Preliminary investigation demonstrates that it is very difficult to detect fraudulent practices only by relying on the analysis of the weighbridge records. On-site observations are essential. A detailed and fully-fledged investigation is required to trace back when the fraudulent practices started, its magnitude as wll as the persons and mechanism involved ».

Affaire à suivre en suivant le body language des VVIP…