Un enseignant mauricien affecté au Rodrigues College avait demandé une révision judiciaire, le 18 juillet 2013, contestant une décision du ministère de l’Éducation de mettre en pratique les recommandations du Professeur Torul pour abolir les “fringe benefits” des enseignants mauriciens exerçant à Rodrigues à partir de janvier 2013. Le chef juge Keshoe Parsad Matadeen et le juge David Chan Kan Cheong ont rejeté cette demande dans un jugement rendu hier, indiquant qu’il y avait un consensus pour que ces enseignants aient un moratoire de trois ans avant l’entrée en vigueur de cette décision.
Quelque 60 enseignants sont concernés par cette affaire. Depuis 1989, les enseignants mauriciens exerçant à Rodrigues ont toujours perçu des “fringe benefits” pour compenser leur déplacement. Leur salaire est payé par la Private Secondary Schools Authority (PSSA) selon les recommandations du Pay Research Bureau. Les enseignants de collèges privés touchent une allocation de perturbation mensuelle (disturbance allowance) de 25 % du salaire et une allocation de loyer de 10 % du salaire mensuel.
Après quelques contestations d’enseignants rodriguais estimant que les Mauriciens devraient toucher le même salaire qu’eux, le 6 février 2009, le conseil exécutif de l’Assemblée régionale de Rodrigues avait décidé de réduire les allocations versées aux enseignants mauriciens et d’aligner leurs salaires et autres conditions d’emploi sur ceux des enseig­nants rodriguais. Face au rejet par les enseignants mauriciens de ces nouvelles conditions, le ministère de l’Éducation avait demandé au Pr Torul de revoir leurs conditions de service et de rédiger un rapport.
Dans son rapport rendu en décembre 2009, le Pr Torul avait proposé la réduction de certains “fringe benefits” des enseignants mauriciens. Depuis janvier 2013, les nouveaux enseignants sont embauchés sur un contrat de trois ans, et une fois celui-ci terminé, ils doivent choisir entre rentrer à Maurice ou rester à Rodrigues sans “fringe benefits”. Quant aux enseignants en place depuis longtemps, leurs allocations ont été tout simplement été abolies.
Cet enseignant mauricien voulait que le ministère de l’Éducation revoie ces mesures qui, dit-il, « découragent de plus en plus les enseignants à partir à Rodrigues ». Le chef juge Keshoe Parsad Matadeen et le juge David Chan Kan Cheong ont rejeté cette demande, arguant qu’il y avait un consensus pour que les enseignants permanents aient un moratoire de trois ans avant l’entrée en vigueur de cette décision. « That there was a general consensus amongst the parties and that all stakeholders agreed, inter alia, with a view to bring parity, fairness and justice, that the Mauritian teaching staff on permanent establishment should be given a moratorium period of three years with effect from 01 January 2010 to enjoy all the fringe benefits », ont-ils souligné.