Plusieurs organisations se sont rassemblées à Rose-Hill hier en début de soirée, place de la gare, près du monument en hommage aux travailleurs disparus, se présentant comme un Front Commun en faveur du Criminal Code (Amendment) Bill qui prône la dépénalisation de l’avortement dans des cas très spécifiques. Les femmes et les hommes membres de cette plateforme commune souhaitaient attirer l’attention des Mauriciens sur le fait qu’« avec la tenue des débats au Parlement, le débat sur cette question atteint un point tournant. Nous saluons ceux qui ont le courage de leurs convictions et nous demandons à tous les parlementaires de prendre leurs responsabilités à ce stade du combat. »
Autour de Lindsey Collen du MLF (Muvman Liberasyon Fam), de Vidya Charan de la MFPWA (Mauritius Family Planning Welfare Association), de Marie-Noëlle Elissac de WIN (Women In Networking) et de Vinod Seegum de la GTU (Government Teachers Union), Jane Ragoo de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP) et Rehana Ameer sont venues offrir leur soutien dans ce combat.
« La présence de Jane Ragoo et de Rehana Ameer à nos côtés est très importante, soulignent en choeur Marie Noëlle Elissac et Vidya Charan. Cette mobilisation près du monument des travailleurs disparus était hautement symbolique pour nous au sein du Front Commun, car nous tenions à rendre hommage à toutes les femmes qui sont décédées dans le silence et l’anonymat. » Le combat du Front Commun, ajoute la directrice de la MFPWA, « a pris une tournure très importante avec la tenue des débats parlementaires, cette semaine. Nous voulons que les Mauriciens comprennent que nous respectons toutes les convictions religieuses de tout un chacun. Ce débat a toujours existé. Si aujourd’hui il se tient au sein de la plus haute instance du pays, soit au Parlement, c’est parce que nous, les militants de cette cause, voulons aller de l’avant avec cette loi qui offrira le choix aux femmes qui vivent des circonstances très difficiles. Pour que quand elles sont en détresse, et qu’elles n’aient pas de soutien autour d’elles, elles aient le choix si elles se retrouvent dans ces situations. »
Marie-Noëlle Elissac rappelle que « cette loi ne sera pas une contrainte. Le Front Commun dénonce, à cet effet, la campagne qui est menée pour la rendre confuse. Le Criminal Code (Amendment) Bill n’est pas la légalisation de l’avortement at large. Mais la dépénalisation de l’avortement dans quelques cas très spécifiques, comme le définit cette loi. Nous voulons que les Mauriciens prennent conscience de cela car plusieurs activistes “pro-life” jouent beaucoup sur cette confusion pour semer le doute dans les esprits des Mauriciens. » Vidya Charan et Marie-Noëlle Elissac rappellent toutes deux que « bien entendu, cette loi n’imposera rien à personne ! Elle se veut un choix qui sera ouvert et non une contrainte ».
Vidya Charan a aussi indiqué qu’« à ce stade des débats, nous lançons un appel aux parlementaires. Nous leur rappelons qu’ils doivent assumer leurs responsabilités de citoyens. C’est un moment très spécial dans cette lutte. Le combat a atteint un point tournant. Ce que nous voulons que chaque parlementaire comprenne, c’est que si chacun ne prend pas “the right decision at the right time”, il en va d’une question de la conscience de tout un chacun. » Et d’ajouter : « Nous voulons que les Mauriciens réalisent l’importance de la femme. Elles sont productives, car elles travaillent et contribuent à l’économie du pays. Elles s’engagent dans la communauté : elles sont leaders politiques, social workers, activistes, syndicalistes… »