Le front commun regroupant trois syndicats de la compagnie UBS maintient son mot d’ordre pour une grève de la faim, en dépit des explications données par le Premier ministre. Les animateurs insistent pour des garanties en écrit et disent ne pas pouvoir faire confiance « à des personnes qui avaient promis pendant la campagne électorale, qu’ils n’iraient pas de l’avant avec le Metro Express. » Alors que la grève devait démarrer aujourd’hui, le front commun a obtenu une réponse négative de la municipalité de Port-Louis pour l’utilisation des lieux demandés.
Le Jardin de la Compagnie est déjà pris par une autre grève, le Théâtre de Port-Louis est en rénovation, la demande pour l’utilisation du Jardin de Plaine Verte a été rejetée et pour ce qui est du Registrar Building, il faut faire la requête auprès du gouvernement. C’est ce qu’a indiqué la municipalité de Port-Louis suivant la requête du front commun pour la tenue de la grève de la faim dans un de ces endroits. Mais les animateurs n’en démordent pas. Ils adresseront une nouvelle requête à la municipalité aujourd’hui. « Nous voulons faire les choses dans les règles. Mais si d’ici vendredi la municipalité n’accède pas à notre requête, nous irons faire notre grève directement devant le bureau de Nando Bodha ou devant la municipalité elle-même », martèle Gessyika Frivet, secrétaire du front.
Cette dernière dit ne pas comprendre comment le Premier ministre a déduit que les 200 bus qu’il dit concernés par le Metro Express, touchent 600 travailleurs. « En réalité, cela concerne environ 2 000 travailleurs. Soit il est mal renseigné, soit il veut minimiser l’ampleur du problème. Rien que sur la ligne N° 2 de la UBS, on compte 170 autobus par jour. »
Revenant sur le refus de la municipalité de Port-Louis, elle soutient que cela ressemble au boycott. « Qu’on le sache : nous n’allons pas reculer. Si nous n’avons aucune rencontre avec le ministre d’ici vendredi, nous passerons à l’action. Nous privilégions le dialogue, mais s’il faut descendre dans la rue pour défendre notre emploi, nous le ferons. »
Le front n’écarte pas non plus la possibilité d’une grève générale dans le secteur du transport. « Nous avons déjà démontré dans le passé, comment les travailleurs du transport peuvent se mobiliser », dit Parmanand Runglall, président du front. Une action collective avec d’autres syndicats défendant les mêmes intérêts n’est pas à écarter non plus.
De son côté, Gorah Enathally déplore le terme « hystérique » utilisé par le Premier ministre à leur égard. « Quand nous défendons nos droits, cela veut-il dire que nous sommes hystériques ? » dit-il. Il a également précisé ne pas être contre le Metro Express, mais veut des garanties écrites qu’il n’y aura pas de perte d’emploi.
Le front se dit également « sceptique » sur l’option d’utiliser les autobus comme « feeder » pour le métro. « Valeur du jour, il y a des autobus qui ne peuvent même pas entrer dans certaines routes étroites à l’intérieur des villes. De même, il y a déjà des compagnies qui desservent le transport intra-urbain. »
Il est prévu qu’une dizaine de syndicalistes débutent une grève de la faim ce vendredi, si les autorités ne réagissent pas. L’autre option, en cas de difficultés, demeure une grève générale dans le secteur du transport.