Les habitants de Dona Nanka, dans l’État du Penjab, n’en peuvent plus. Des dizaines d’entre eux, sans distinction d’âge, ont en effet vu leur santé se détériorer gravement. En cause : une eau toxique tirée des pompes du petit village.
Roshan Singh, 10 ans, les yeux abîmés et injectés de sang, déchiffre avec peine sa bande dessinée préférée avant de se préparer pour l’école, dans son village perdu le long de la frontière indo-pakistanaise. Le garçon, qui, selon ses médecins, sera bientôt aveugle, a toujours bu l’eau tirée par les pompes municipales, une eau selon les experts très toxique et qui a déjà détruit la santé de dizaines d’habitants de son village, jeunes et vieux.
“Je crains sans cesse le pire. Mes parents s’inquiètent beaucoup pour moi”, dit Singh, tout en tirant nerveusement sur la chemise de son uniforme scolaire, dans son village de Dona Nanka dans l’État du Penjab. Le Premier ministre indien Narendra Modi, au pouvoir depuis mai, a promis de nettoyer le Gange, fleuve sacré des hindous, dont la pollution est à ses yeux une honte nationale. Mais à la frontière nord-ouest de l’Inde, un autre cours d’eau, le Sutlej, est gravement pollué par le plomb, l’uranium et d’autres métaux, sans que les autorités s’en émeuvent.