Une résurgence de la fameuse mouche des fruits affecte, depuis ces derniers temps, les fruits de nos vergers et de nos arrières-cours. Il se pourrait que l’on ait, cette fois, affaire à une souche plus résistante de cet insecte nuisible aux fruits tropicaux dont la goyave, le jujube (masson), la papaye et l’âtre.
Présente dans l’ensemble des îles des Mascareignes, la mouche des fruits s’attaque à l’ensemble des fruits tropicaux. Dans le cas présent, les fruits les plus affectés sont la goyave, le jujube (masson), la papaye ou l’âtre. Des fruits à plus forte acidité tels les agrumes (limon, mandarine, pamplemousses) ou encore la goyave de Chine le sont un peu moins. Il est aussi considéré que, plus rustiques, les variétés locales résistent mieux que celles, hybrides, que représentent les produits génétiquement améliorés.
A Maurice, le programme de lutte contre la mouche des fruits a démarré depuis assez longtemps et a même abouti à une certaine réussite au fil des ans. Toutefois, selon l’agronome, Eric Mangar, il est fort probable que l’on ait affaire, cette fois, à une souche plus résistante de la mouche. Il explique que la mouche des fruits a, sans doute, dû aussi proliférer en raison de la destruction de notre biodiversité.
Eric Mangar explique, sous ce rapport que, dans le temps, des insectes tels la fameuse mouche noire ou encore la guêpe, de même que les caméléons, étaient autant de prédateurs de larves de la mouche des fruits. « Ces espèces animales, regrette-t-il, se font, malheureusement, de plus en plus rares ».
Pour lutter contre cette nuisance, le service entomologique du ministère de l’Agro-industrie a recours à la stérilisation au moyen d’un produit hormonal selon une technique d’application sur les arbres fruitiers. L’objectif est de diminuer la population de ces mouches. L’épandage d’insecticide est aussi une technique utilisée au niveau des arbres fruitiers des arrières-cours. Mais il est évident que cette technique requiert de la prudence.
Il arrive aussi que l’on ait recours dans la lutte contre la mouche des fruits à l’installation de filets de protection. Mais, reconnaît M. Mangar, de manière générale, la lutte contre cet insecte nuisible est assez ardue. « Elle est un combat de longue haleine pour l’ensemble des îles des Mascareignes », explique-t-il.