Le secteur des services financiers à Maurice a besoin de l’expertise et l’expérience des membres de la profession légale pour pouvoir être mieux reconnu comme une juridiction bien réglementée et pour booster la confiance des investisseurs dans notre centre financier. C’est ce qu’a souligné, hier, la Chief Executive de la Financial Services Commission, Clairette Ah-Hen lors d’un atelier organisé par cette instance à l’intention des légistes, à son siège à Ébène.
La profession légale, a déclaré Clairette Ah-Hen, est un des principaux acteurs du développement du secteur des services financiers à Maurice, que ce soit pour la rédaction des textes de loi, la mise en oeuvre du cadre légal et régulatoire ou encore pour assurer le respect des dispositions légales. Vu que le secteur des services financiers est un secteur global et fait donc face à une forte compétition, la juridiction mauricienne ne peut se permettre de se reposer sur ses lauriers et doit obligatoirement se conformer aux normes internationales. Elle a donc intérêt à établir un cadre légal approprié pour susciter la confiance des investisseurs, d’où le rôle crucial des légistes.
« It is to be noted that the quality of legal advice and service given to operators greatly contribute to compliance, adherence to laws and standards and to enabling FSC demonstrate their application during peer assessments and reviews carried out on an almost continuous basis », a fait remarquer la Chief Executive de la Financial Services Commission (FSC). Elle a mis l’accent sur la bonne gouvernance et le respect des normes dans le secteur financier surtout dans le sillage de la crise qui secoue ce secteur au plan global depuis 2008.
« In this rapidly changing environment, the development of the sector, even survival, depends on our ability to operate as effectively as our competitors », a observé Clairette Ah-Hen, ajoutant que pour pouvoir faire face à la concurrence, Maurice aura besoin de plus de cabinets de légistes internationaux. Elle a plaidé pour des efforts collectifs en vue de préserver la compétitivité de Maurice face à d’autres centres financiers émergents.
Pour Marc Hein, président du conseil d’administration de la FSC, les opportunités d’affaires dans le secteur des services financiers sont multiples pour la profession légale. Les services des légistes sont requis à différents niveaux, que ce soit pour des conseils aux entreprises, pour l’interprétation des lois, la défense des intérêts des opérateurs économiques, les conseils en matière de fiscalité. Ces services conseils sont requis pour un large éventail de sous-secteurs d’activités, a-t-il fait comprendre.
Le président du conseil d’administration de la FSC a estimé que compte tenu le système légal hybride de Maurice, les légistes sont en mesure de répondre aux demandes des opérateurs dans des pays anglophones aussi bien que francophones. Le rôle des légistes dans le développement d’un centre d’arbitrage international à Maurice a aussi été souligné par Marc Hein.
Par ailleurs, Marc Hein a annoncé qu’au 30 juin 2012, il y avait 159 management companies, dont 26 Corporate Trustees en opération dans le secteur du Global Business. Ce secteur comprenait 9 973 sociétés détenant une licence de GBL-1 et 14 318 sociétés ayant un GBL-2. Le secteur d’assurances avait, lui, des actifs de l’ordre de Rs 84,2 milliards et comptait 12 compagnies d’assurances générale et 7 compagnies d’assurance-vie, 25 courtiers d’assurances, 209 agents d’assurances et 2 044 « sales persons ». Quant au marché boursier, autre secteur tombant sous la supervision de la FSC, sa capitalisation totale se situait à environ Rs 218 milliards, soit 70 % du Produit intérieur brut de Maurice.