Dans un rapport de 90 pages sur la mise en application de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) qu’il vient de soumettre au Congrès américain, le bureau du United States Trade Representative (USTR), l’équivalent d’un ministère du Commerce extérieur, évoque l’intérêt de Maurice et du Kenya pour des négociations portant sur la conclusion d’un accord de libre-échange avec les États-Unis. Ce rapport passe en revue les critères d’éligibilité sous l’AGOA des pays d’Afrique subsaharienne et les notes attribuées à Maurice sont dans l’ensemble satisfaisantes.
Le bureau du USTR souligne dans son rapport que l’AGOA n’a pas été conçue pour être un mécanisme permanent d’engagement des États-Unis envers ses partenaires commerciaux d’Afrique subsaharienne. Au fur et à mesure que ces derniers progressent dans la voie du développement économique, les relations américano-africaines aux niveaux du commerce et de l’investissement devront également évoluer. C’est dans ce contexte que l’administration américaine a engagé des discussions avec des dirigeants africains sur la voie à suivre après l’AGOA. En réponse à une Federal Register Notice demandant aux parties concernées de faire connaître leurs points de vue sur la stratégie à suivre pour un approfondissement des relations commerciales et d’investissement entre les États-Unis et l’Afrique, Maurice et le Kenya ont montré leurs intérêts pour des négociations autour d’un FTA.
Le bureau du USTR fait ensuite état des points soulevés par Maurice dans un document à ce sujet : « The Mauritian submission notes that “some countries are ready now to negotiate FTAs, but others need more time to benefit from capacity building initiatives before they can initiate FTA negotiations” and that “it might be advisable to explore initiating negotiations with a group of like-minded countries or consider bilateral FTAs with those countries which are ready” ».
Les autorités mauriciennes ont estimé que des accords de libre-échange entre les États-Unis et les pays africains doivent faire provision pour un accès hors-taxe et sans quota de produits échangés et qu’il y a nécessité de prévoir certaines dérogations (less than full reciprocity) pour les pays les moins développés tout en veillant à la mise en place de ressources devant permettre à des pays de faire face à des coûts d’ajustement. Maurice a également suggéré qu’un FTA devrait couvrir non seulement le commerce de biens mais aussi des services et tenir en compte les besoins techniques en matière de règles sanitaires et phytosanitaires.
« What is clear from our engagement and analysis is that free trade agreements between the United States and sub-Saharan African trading partners are an important and achievable goal. However, not all sub-Saharan African countries are at the same level of development or ability to implement significant trade obligations », indique le rapport du USTR. Les autorités américaines, estime-t-on, devraient adopter une approche qui tient compte des différences et des intérêts divers.
Par ailleurs, le rapport présente des notes sur chacun des pays éligibles et non-éligibles sous l’AGOA. Le constat de l’USTR est plutôt favorable pour Maurice sur les points suivants : tradition d’entrepreneuriat privé, ouverture du secteur des TIC à la concurrence de compagnies étrangères, protection des droits de propriété intellectuelle, tenue d’élections libres en décembre 2014, indépendance du judiciaire, création d’un centre d’arbitrage international, programmes de protection sociale, entre autres. Cependant, le rapport constate une participation faible des femmes et des jeunes dans la politique, une pauvreté persistante « especially among Mauritians of black African descent » et évoque quelques inquiétudes concernant la liberté d’association et l’emploi des enfants.