Des discussions annoncées pour bientôt concernant une desserte assurée par Turkish Airlines L’accord de libre-échange (Free Trade Agreement) entre Maurice et la Turquie ainsi que l’accord-cadre sur la coopération économique et commerciale et celui sur la promotion et la protection des investissements signés par les deux pays représentent des opportunités commerciales significatives pour leur communauté des affaires. C’est ce qu’ont souligné ce matin les ministres Arvin Boolell (Affaires étrangères) et Cader Sayed-Hossen (Commerce) et le président de la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI) Ganesh Ramalingum lors de l’ouverture officielle à l’hôtel Le Labourdonnais d’un atelier de sensibilisation sur le potentiel que représente le FTA Maurice-Turquie pour une intensification des échanges bilatéraux.
Entré en vigueur le 1er juin 2013, le FTA permet aux entreprises mauriciennes d’avoir un accès hors taxe au marché turc pour la plupart des produits industriels fabriqués localement. C’est seulement dans le cas des produits textiles (70 lignes tarifaires sont concernés) que l’exemption de droits de douane sera étalée sur une période de quatre ans. Pour ce qui est des produits agricoles, les fabricants locaux pourront bénéficier d’un accès préférentiel pour un certain nombre de produits tels le thon en conserve, l’anthurium, l’ananas, le letchi, le coeur de palmiste et d’autres produits en conserve comme les pâtes de fruit et les épices. Le FTA Maurice-Turquie revêt aussi une importance stratégique, ont soutenu les intervenants. Il cadre avec les initiatives officielles en vue de diversifier nos marchés d’exportation. L’accord en question est un élément non négligeable dans la politique d’harmonisation de nos politiques commerciales avec l’Europe.
L’accord de libre-échange avec la Turquie, soutiennent les milieux officiels, fait provision pour des règles d’origine plus flexibles. Dans le cas des produits textiles et de l’habillement, une entreprise mauricienne peut acquérir ses matières premières d’un pays tiers pour les transformer à Maurice et bénéficier ensuite d’un accès préférentiel au marché de la Turquie pour ses produits finis. Vu que Maurice a aussi signé un accord de partenariat économique intérimaire avec l’Union européenne (UE) et que la Turquie, de son coté, fait partie de l’union douanière avec l’UE, les produits textiles et d’habillement fabriqués avec des matières premières provenant de pays tiers bénéficieront des privilèges douaniers en Europe. De même, les entrepreneurs turques pourront entrer en partenariat avec des hommes d’affaires mauriciens en utilisant des tissus fabriqués en Turquie pour la confection de vêtements à Maurice et obtenir finalement un accès hors taxe pour les produits finis exportés sous l’African Growth and Opportunity Act (AGOA). Les ministres Boolell et Sayed-Hossen sont d’avis qu’il y a des synergies que les entrepreneurs mauriciens et turcs peuvent créer dans le secteur du textile et de l’habillement. Ils ont indiqué que la Turquie veut se positionner en tant que capitale de la mode en Europe et dans les Balkans et que les entreprises textiles mauriciennes et turques peuvent envisager des partenariats tournés vers le marché africain.
La communauté des affaires à Maurice, ont fait remarquer les représentants du gouvernement et du secteur privé, peut tirer des bénéfices conséquents du marché turc, marché comptant plus de 75 millions de consommateurs et qui ouvre, par ailleurs, la porte d’un marché européen beaucoup plus grand. La Turquie est considérée comme la sixième plus grande économie d’Europe et la 17e au monde. Les échanges commerciaux entre Maurice et la Turquie commencent à se développer mais restent en faveur de la dernière nommée. Les exportations de la Turquie se sont élevées à Rs 1,3 milliard en 2012 alors que ses importations n’ont été que de Rs 161 millions. « Nous souhaitons dans une certaine mesure corriger ce déséquilibre dans le moyen à long terme », a déclaré Cader Sayed-Hossen.