La Fédération des travailleurs unis (FTU) a soumis une pétition au Premier ministre, Sir Anerood Jugnauth au sujet du recrutement d’expatriés, surtout dans les établissements hôteliers. Selon ce regroupement syndical qui a mené sa propre enquête, 95 % des hôtels à Maurice emploient des expatriés au niveau du top management, avec, écrit-elle, des « honourable salaries, incentives, conditions of employment, unlimited power and authority », établissant un parallèle avec les professionnels mauriciens qui demeurent sans emploi, ou qui ne bénéficient pas de promotion hiérarchique.
La FTU cite également le cas de Mauriciens qui se retrouvent contraints à chercher de l’emploi dans des pays étrangers où leurs compétences et expériences sont reconnues.
Dans sa pétition, la fédération se réfère au fait que le gouvernement mauricien a autorisé l’importation de la main-d’oeuvre étrangère au niveau des cadres compte tenu d’un manque de compétences locales. Des work and resident permits ont été alloués pour une période de deux ans, et il est compris qu’un Mauricien devrait être formé en parallèle. Ce qui n’est pas le cas actuellement, alerte la Fédération. Dans certains cas, des permis sont alloués facilement grâce à « l’intervention politique ». La Fédération met particulièrement en garde contre certains cadres expatriés qui abuseraient de leurs pouvoirs et cite dans la pétition, un groupe hôtelier en particulier qui aurait recours à des pratiques discriminatoires, imposerait la présence de caméras de surveillance dans le but de contrôler le mouvement des employés; intimiderait les employés syndiqués, entre autres conditions dénoncées dans la pétition.
La Fédération en appelle au Premier ministre pour, d’une part, ne pas renouveler le contrat du General Manager de ce groupe d’hôtels visé et de limiter les permis aux expatriés pour une période de deux ans et, d’autre part, qu’un Mauricien au même niveau soit formé. Les signataires réclament également l’intervention du Chef du gouvernement « to stop regular political intervention in favour of expatriate cadre in respect of permits and to put an end to these unlawful policies and practice », et en dernier lieu pour que les hôtels reconnaissent enfin la compétence de la main-d’oeuvre locale.