La Fédération des Travailleurs Unis (FTU) s’en va en guerre contre la répression syndicale dans le monde du travail. Elle a lancé aujourd’hui une campagne nationale à cet effet. Pour envoyer un signal fort au patronat, un mémorandum a été soumis au Premier ministre Navin Ramgoolam en vue de réclamer l’institution d’un Fact Finding Committee sur les entreprises entravant l’action syndicale.
En marge de la célébration de la fête du Travail, la Fédération estime qu’il faut mettre un frein aux tentatives de répression syndicale et toutes activités visant à entraver l’action syndicale qui enfreint du coup le droit à la liberté et celui de s’organiser. Les nombreux cas de transferts punitifs, de mise à pied, voire même de menaces à l’encontre des travailleurs aussi bien dans le public que dans le privé, inquiète la Fédération. Sans compter les cas de licenciement survenus au cours de ces dernières années. Malgré les plaintes déposées auprès du ministère du Travail, de l’Emploi et des Relations industrielles, la FTU observe que certains patrons ont « redoublé » de tentatives menaçant le droit du travailleur à s’organiser dans un syndicat.
Un mémorandum où une vingtaine de compagnies (hôtellerie, construction, externalisation, entre autres) sont citées a été déposé au Bureau du Premier ministre à la mi-journée. Dans ce mémorandum, la FTU attire l’attention du PM au sujet de l’enquête et du rapport concernant ABC Foods, rédigé par le Freedom of Associations Committee de l’Organisation Internationale du Travail au sujet d’un cas de violation du droit syndical dans cette compagnie. Mention y est faite du cas récent d’Innodis Ltd qui avait opté pour ne plus reconnaître Atma Shanto comme le négociateur représentant les intérêts de la Cold Storage Workers Union et de la Farm Workers Union, deux syndicats de la compagnie, en soulignant que le négociateur a eu à avoir recours à une grève de la faim en guise de moyen de protestation pour rétablir un droit légitime. Ce qui fait dire à la FTU que « this act and doing of Innodis Ltd reflects the “état d’esprit” of bosses in the private sector and now even touching parastatal body », citant le cas de la compagnie d’assurances d’État, la SICOM, le Mauritius Institute of Training & Development (MITD), entre autres. La FTU s’alarme également du fait que certains investisseurs étrangers interdiraient à leurs employés de se joindre à un syndicat.
La Fédération des Travailleurs Unis réclame de ce fait qu’un Fact Finding Committee soit institué afin de « consolider le droit à la liberté et le droit de s’organiser » et par extension, que le gouvernement revoit l’organisation et le fonctionnement de la Human Rights Commission, vue comme un « éléphant blanc ».