À la mi-journée, le niveau de ppm d’ammoniac prélevé était descendu de 30 ppm au départ à 20 ppm. Ce qui n’était pas satisfaisant aux yeux des diverses parties prenantes pour demander aux employés d’Avipro de réintégrer leurs postes de travail. Selon le Division Fire Officer, Dorsamy Ayacouty, qui faisait partie de ceux prélevant le taux de gaz présent à l’usine, « l’incident était assez majeur quand on est arrivé et nous avons fait le suivi en divers laps de temps. De 30 ppm, le taux est descendu à 20 ppm mais nous ne donnerons pas l’autorisation pour que les travailleurs retournent à l’usine ». Étaient présents sur les lieux ce matin, des officiers du SOCO, du ministère de l’Environnement, de la police, des Fire Rescue Services et du ministère du Travail. « Quand nous sommes arrivés, nous avons mis en place notre protocole d’évacuation qui est de prendre la direction allant dans le contresens du vent. Les employés des usines alentours ont aussi été évacués mais Panagora a été autorisée à réintégrer ses employés. Vers 11 h 30, les diverses autorités avaient décidé de procéder à un nettoyage de l’usine au moyen de l’eau à haute pression, surtout dans la partie la plus touchée de l’usine ».
Dans une explication au Mauricien ce matin, le General Manager, Thierry de Spéville, devait regretter qu’une mauvaise manipulation de l’appareil de refroidissement ait conduit à une fuite d’ammoniac, lequel gaz a alors pénétré l’usine à travers le système d’aération. « Dès que les employés ont été pris de malaise, l’alerte a été donnée et nous avons appliqué le protocole de mise dans un cas pareil. Nous collaborons avec la Police de l’Environnement et les pompiers afin de nous assurer que tout revienne à la normale. Aussitôt l’audit complété par les autorités, nous reprendrons le travail ». Interrogé quant à savoir si une telle fuite s’est déjà produite dans le passé, le General Manager devait indiquer qu’il y a six ans, il y a eu un cas similaire mais moins conséquent. « Nous avons des audits réguliers et là, nous ferons appel à des audits privés et on doit former davantage nos ouvriers à la maintenance. C’est une erreur de manipulation et non une faute provenant de la machine ».
Alors que les quelque 300 employés de l’usine attendaient ce matin en bordure de l’autoroute, Anabelle, une des employés ayant été pris de malaise, témoignait : « On avait à peine pointé notre arrivée que cet incident s’est produit. Une odeur forte d’ammoniac s’est dégagée pendant une quinzaine de minutes. Une dame ne s’est pas sentie bien et a commencé à vomir. Je suis allée aider quelques-uns avant de me sentir mal aussi. J’ai senti des picotements au niveau de la peau, et ai commencé à vomir et à faire une crise d’angoisse. D’autres s’évanouissaient. On nous a transportés à l’hôpital où on m’a fait une injection de Primpéran et on m’a donné du sérum. Le médecin m’a dit que ce n’était pas grave mais que si je ne me sentais pas bien d’y revenir. On m’a conseillé de prendre du lait mais je n’en ai pas avec moi. » L’employée ressentait encore des vertiges après être sortie de l’hôpital et espérait que la direction permettrait à ceux qui avaient fait un malaise de rentrer chez eux. Mais, cette dernière n’avait pas pris une telle décision à la mi-journée, « à moins que le ministère nous le demande », déclarait M. de Spéville.