La petite Manasi Beeharee, âgée de 26 jours, a été enterrée hier au cimetière de Beau-Bois à Lallmatie. Le nourrisson, brûlé au deuxième degré, est décédé hier matin à la Burns Unit de l’hôpital Victoria, Candos. Pour Ramdharry (Rajesh) Beeharee, sa fille « ne s’est pas brûlée dans l’incubateur ». « Mo pli sir linn brile ek dilo so pandan loperasion », allègue-t-il.
C’est dans une atmosphère pesante que Manasi Beeharee, née le 21 avril, a regagné le domicile familial à Brisée-Verdière hier après-midi vers 16 h 45 après son autopsie.
Depuis sa naissance, le nourrisson n’a connu que les couloirs des hôpitaux, notamment ceux de Flacq, du Nord et de Candos. Trois centres hospitaliers dans lesquels le bébé a été transféré en vue d’obtenir des soins après une naissance marquée par des complications.
Ses parents Manisha et Ramdharry Beeharee, âgés de 22 et 37 ans respectivement, sont abattus par la perte de leur premier enfant. Ils disent regretter de ne pas avoir eu l’occasion de vivre cette naissance comme tout parent, car dès le début la petite a eu a subir des interventions importantes. « Mo boner kouma inn vini, inn ale ! Se apre 4 zour ki monn ressi trouv mo tifi. Mo pann ressi pran li ki linn fini aler », pleure le jeune maçon de Brisée-Verdière.
La dernière fois que les Beeharee ont vu leur leur fille en vie c’était mardi à l’hôpital de Candos. « Les médecins nous ont expliqué que Manasi devait subir encore d’autres interventions chirurgicales », explique son père. Aux côtés du couple hier, les proches se disent aussi en état de choc. L’indignation et la consternation se lisaient sur leur visage.
« Kouma linn ne dokter finn dir nou ki li ti ena enn problem intestin. Ki bizin opere », soutient Mala Beeharee, la grand-mère de la petite. Et d’ajouter : « Manasi était mon premier petit-enfant. Elle nous a été enlevée si tôt. Depuis sa naissance, à cause de ses complications de santé, nous n’avons pas été autorisés à la voir. Je n’ai jamais vu ma petite fille et aujourd’hui, c’est dans la tristesse que je l’accueille au lieu avec un sourire. »
Aux parents de Manasi, unis depuis neuf mois, de poursuivre : « Nous n’avons même pas une photo avec notre enfant… » La mère de la petite, Manisha, 22 ans et originaire du village de Bramsthan, a arrêté ses études en business en Angleterre pour se marier avec Rajesh. « Nous avions tellement de projets… Aujourd’hui, mon monde s’écroule. J’ai perdu mon unique enfant », dit cette jeune femme, inconsolable.
Pour les membres de la famille, c’est la façon de procéder du centre hospitalier qui dérange. « Lorski ti bizin opere ti dir nou. Letan pann kapav opere pann dir nou nanie. Mo garson finn aprann ki so tifi pa pou kapav opere kan li finn rant lopital. Zot ti kapav prevenir nou ek explik nou », soutient Mala Beeharee. À Manisha Beeharee d’ajouter : « Ou panse ki sa bann lanket-la pou retourn mwa mo zanfan ? »
De son côté, Ramdharry Beeharee ne croit pas dans le « bien-fondé » des propos des médecins. Pour lui, l’explication donnée est « inacceptable ». « Mo pa kwar ki mo zanfan finn brile dan inkibater. Mo pli sir ki linn brile ek dilo so pandan loperasion. Me eski enn bebe kapav less san asistans ? » s’interroge-t-il. Et de déplorer le transfert de la petite Manasi à l’hôpital du Nord « au lieu de la conduire directement » à la Burns Unit de l’hôpital Candos. Le jeune couple compte ainsi poursuivre le ministère de la Santé pour négligence médicale.
Manasi Beeharee a été enterrée hier après-midi au cimetière de Beau-Bois à Lallmatie.
Rappelons qu’elle avait été brûlée au deuxième degré au pied et à la main droite à l’hôpital de Flacq le 22 avril alors qu’elle se trouvait en salle d’opération. Dans le but d’éviter des risques d’infection, elle a dû subir une amputation de deux doigts de la main droite avant son transfert à la Burns Unit de l’hôpital Candos où elle est décédée hier matin.
Dans cette affaire, seul un anesthésiste de l’hôpital de Flacq a été suspendu après l’enquête préliminaire du ministère de la Santé. Les autorités attendent les conclusions d’une enquête parallèle, dirigée par la magistrate Ratna Seetohul-Toolsee, sur les circonstances ayant mené ce bébé à être victime de graves brûlures corporelles.