La fusion de l’Agricultural Research and Extension Unit et du Food and Agricultural Research Council pour la mise sur pied d’un nouveau Food and Agricultural Research and Extension Institute est une source d’inquiétude pour la Federation of Civil Service and other Unions, selon le président cette fédération syndicale des fonctionnaires. Nahendranath Gopee déplore le manque de « débats sains » autour de la création du nouvel institut devant s’occuper de la recherche et du développement dans l’agriculture à Maurice.
« Jusqu’ici l’Agricultural Research and Extension Unit (AREU) a assumé avec brio la responsabilité de la sécurité alimentaire de la République de Maurice de par ses travaux de recherche et de développement dans le secteur non-sucre », confie d’emblée au Mauricien Nahendranath Gopee.
Selon le président de la Federation of Civil Service and other Unions (FCSOU), l’AREU s’est forgée une réputation au niveau local et international grâce à son professionnalisme et par sa capacité d’atteindre ses objectifs. « Cela, malgré des manquements au niveau financier et des techniciens. On s’attend par conséquent à rien de moins du Food and Agricultural Research and Extension Institute (FAREI) qu’il fasse de même ou même mieux tout en optimisant les ressources », poursuit-il.
Cependant, Nahendranath Gopee déplore le manque de débats autour de la création du FAREI. « Le ministère de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire a fait jusqu’ici la sourde oreille aux multiples requêtes pour des consultations élargies entre le ministre, l’AREU et la FCSOU et ses alliés », fustige-t-il. « Les stakeholders, notamment les techniciens de l’AREU ainsi que ceux d’autres services agricoles, les planteurs, éleveurs, coopérateurs, agro-entrepreneurs etc. auraient dû être consultés afin de mieux comprendre les défis qui nous guettent à l’horizon », explique-t-il.
Selon le président de la FCSOU, ces consultations élargies auraient permis de mettre sur pied un FAREI qui aurait été mieux armé pour assurer notre sécurité alimentaire. « Cette opacité autour du processus de la mise sur pied du FAREI a été entachée de diverses rumeurs de chasse aux sorcières. Et la FCSOU a même dû avoir recours au bureau du Premier ministre pour obtenir certains éclaircissements », regrette-t-il.
La fédération syndicale salue néanmoins la récente ouverture des consultations sur l’organigramme du FAREI avec l’AREU Staff Union, un des ses affiliés, confie Nahendranath Gopee. « L’organigramme du FAREI sera d’ailleurs au centre des discussions lors d’une assemblée générale spéciale de l’AREU Staff Union le lundi 23 décembre. Je soutiens cette démarche du syndicat d’engager ses membres dans le débat et de ne pas perdre de vue que notre sécurité alimentaire est une de nos priorités nationales », se félicite-t-il, avant d’annoncer que la FCSOU participera ultérieurement à des négociations avec le ministère de tutelle sur la base des recommandations découlant de cette assemblée générale spéciale.
« Nous souhaitons une débat sain autour de la création du FAREI, avec comme enjeu la sécurité alimentaire du pays et j’invite le ministre de l’Agro-industrie, Satish Faugoo, à y veiller. Que le FAREI soit institué pour les besoins vitaux du pays et non pour régler des comptes », dit-il.