Nandanee Soornack, qui avait logé une demande d’injonction réclamant un Gagging Order contre deux groupes de presse, Le Mauricien Ltd et La Sentinelle Ltd, a réclamé que la plainte soit retirée. Devant la Master and Registrar de la Cour suprême, Gayatree Manna-Jugessur, son avocat Me Yousuf Mohamed a fait comprendre que sa cliente ne souhaite plus aller de l’avant avec cette affaire car « elle en avait trop souffert ». Sa demande a été acceptée. Nandanee Soornack avait entamé des actions légales après la parution de plusieurs articles de presse sur sa proximité avec un politicien et les faveurs qu’elle aurait obtenues dans les affaires.
Le juge Bushan Domah avait émis un premier ordre, de nature intérimaire, le samedi 5 janvier 2013, soit le même jour où la plaignante dans cette affaire, Nandanee Soornack, avait déposé sa plainte à la Cour suprême. Dans sa motion, l’activiste du Ptr réclamait qu’un ordre soit émis contre les deux groupes de presse pour leur interdire d’évoquer toute information ayant trait à sa vie privée et à celle de ses trois enfants. Cette motion avait été prise en référé par le juge Domah. Les parties défenderesses avaient été convoquées à paraître devant le juge le mardi suivant, soit le 8 janvier 2013, pour faire connaître leur position respective et donner les raisons pourquoi l’ordre émis ne devrait pas devenir interlocutoire. Cela en attendant que la cour se prononce sur le procès principal devant être logé par la plaignante.
Le juge Domah, dans son ruling rendu le 10 janvier, avait préféré étendre l’ordre intérimaire jusqu’au 18 janvier, tout en précisant que sa décision ne concernait nullement les activités financières de la plaignante. Mais contre toute attente, le juge a annoncé le 18 janvier alors qu’il appelait l’affaire, sa décision de se récuser. C’est le Senior Puisne Jugne Eddy Balancy qui avait repris l’affaire. Nandanee Soornack avait été déboutée dans le jugement prononcé par le juge Eddy Balancy. Dans ce jugement d’une vingtaine de pages, le juge Balancy avait privilégié la liberté d’expression en s’appuyant sur un précédent raisonnement de Lord Denning à l’effet que la fonction de la Cour n’est pas d’agir en tant que censeur de la presse. Par rapport aux trois enfants de Nandanee Soornack, le jugement avait souligné que deux sont en âge de se défendre sans avoir besoin de l’aide de la mère alors que pour le troisième, en bas âge, un ordre interlocutoire avait été logé. « Nandanee Soornack can have no reasonable expectancy of privacy in respect of all aspects of her private life which are linked to the indisputable facts », avait soutenu le juge Balancy dans son analyse des faits dans le contexte du Gagging Order contre les publications du groupe Le Mauricien et de La Sentinelle. Plus loin, le juge Balancy ajoutera que « Nandanee Soornack has not only failed to satisfy the relevant threshold test but has even failed to show that she has a serious issue to be tried ». Dans les attendus de son jugement sur une vingtaine de pages, le juge Balancy avait évoqué la série d’Undisputed Facts dans cette affaire qui défraie la chronique depuis la fin de l’année dernière, entre autres : « La presse a déjà fait état, à tort ou à raison, d’une masse d’informations susceptibles de créer un intérêt public quant aux circonstances dans lesquelles Nandanee Soornack aurait, sur la base de ses connexions intimes présumées dans le cadre de sa vie privée avec a high profile politician bénéficié de faveurs de la part des agences sous le contrôle de l’État et lui permettant within a relatively short time, to move from a relatively modest condition to that of a very successful business woman. De ce fait, les affaires et la vie privée de Nandanee Soornack sont au centre des débats publics dans la presse ».
Ainsi, appelé devant la Master and Registrar de la Cour Suprême hier, l’homme de loi de Nandanee Soornack, Me Yousuf Mohamed, a fait une motion pour demander à la Cour de retirer la demande de Gagging Order. Cette décision, a fait comprendre Me Yousouf Mohamed, serait motivée par le fait que « sa cliente ainsi que sa famille avaient beaucoup souffert dans cette affaire ». La Master and Registrar a accédé à sa demande. À noter que Nandanee Soornack était représentée par Me Yousuf Mohamed SC et Cader Mallam-Hassam, alors que Me Désiré Basset SC et Nanraj Patten défendaient le groupe Le Mauricien Ltée. Me Michel Ahnee défend, lui, la cause de La Sentinelle Ltd.