L’épiphanie sera célébrée ce dimanche 6 janvier. Cette fête correspond à la présentation de l’enfant Jésus aux Rois Mages. Mais c’est aussi l’occasion d’apprécier la galette des rois. Cette coutume française a été revisitée à Maurice par le chef Nicolas Milliot de l’Épicerie Nicolas de Pointe-aux-Canonniers. À l’achat d’une galette des rois ce week-end à son épicerie, un veinard découvrira en sus d’une fève également une perle noire de culture de Tahiti. Seulement trois chanceux pourront les obtenir. Chaque perle vaut Rs 10 000.
D’humeur festive, Nicolas Milliot dit sur un ton joyeux espérer que la galette des rois deviendra au fil des années une coutume à Maurice. La galette des rois, servie à cette occasion, est une tradition typiquement française qui date du XIVe siècle. La galette était alors partagée en autant de portions qu’il y avait de convives. Cette portion supplémentaire, appelée « part du Bon Dieu » ou « part de la Vierge », était destinée au premier pauvre qui se présenterait. Nicolas, lui, raconte que la galette des rois était l’initiative d’un roi qui avait trouvé, le jour de l’épiphanie, l’astucieuse idée de faire une galette baptisée « galette des rois » pour célébrer ses serviteurs. Le plus chanceux pouvait jouer son rôle uniquement ce jour. Évidemment, il devait auparavant avoir découvert la fève.
On apprend aussi que la fève qu’on mettait dans la galette est en faïence  (porcelaine) colorée déclinée sous des formes de couronne, roi, etc… Cette fève, qui date de l’époque des Romains, était blanche ou noire, et était déposée dans le gâteau. « Depuis, c’est devenu une fête familiale. On demande au plus jeune de la famille de se cacher sous la table pour désigner à qui seront attribués les parts afin d’éviter les tricheries. La personne chargée de faire la distribution des galettes des rois demande alors à tour de rôle : ‘C’est pour qui ? Et cela continuait à la ronde jusqu’au dernier morceau. Celui qui découvrait au final la fève était couronné roi et pouvait choisir sa reine. »  
Nicolas Milliot dit qu’on peut aussi faire des galettes des rois après l’épiphanie « On ne met pas de fève, on l’appelle alors le pithuvier. Sans la fève, mais gardant la même recette de frangipane. » Nicolas, pris dans sa narration, relate, non sans y ajouter une pincée d’humour, que le détenteur de la fève était alors coiffé de la couronne (livrée avec la galette). Et la coutume veut que celui qui est proclamé roi choisisse sa reine et offre la prochaine galette. En parlant de la galette des rois, on apprend qu’il en existe deux manières de la fabriquer : une en forme de brioche et l’autre sous forme de galette feuilletée. Notre interlocuteur souligne que la galette feuilletée, faite à base de frangipane avec de la crème d’amande, est la plus demandée. « La galette à la frangipane et au feuilletage pur beurre est la meilleure. »
Pour donner un cachet plus authentique à cet événement, Nicolas a décidé de ne pas mettre uniquement une fève dans la galette, mais aussi une perle de Tahiti, en partenariat avec Trésor Noir. La vente se fera samedi et dimanche à l’Épicerie Nicolas. Il ajoute : « Sur une cinquantaine de galettes préparées, j’espère faire trois heureux et partir de cette idée originale pour encourager les Mauriciens à célébrer cette fête avec plus d’enthousiasme l’année prochaine. » À la question de savoir pourquoi, il n’a pas décidé de faire une bague de la perle, il répond : « La perle est un cadeau anonyme. C’est une perle de culture, de valeur, qui ne peut être façonnée qu’à l’image de son propriétaire. » Si vous avez envie de fêter l’épiphanie, alors n’hésitez pas : vous trouverez votre galette à l’Épicerie Nicolas à Pointe-aux-Canonniers (269-0123 ou le 971-7904).