Navin Ramgoolam, qui participait lundi à un programme culturel organisé au Maharashtra Bhawan, à Moka, par la Mauritius Marathi Mandali Federation, a affirmé sa volonté d’accélérer le processus de démocratisation économique dans le pays. Le Premier ministre a par la même occasion défendu le projet de construction d’une cafétéria à proximité de la plage de Trou-aux-Biches et qui fait l’objet de protestation de la part des habitants de la région. Il a aussi évoqué le projet de livre blanc sur la réforme électorale sans toutefois préciser la date de sa publication.
Le Premier ministre a révélé avoir parlé lundi au VPM et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, pour lui demander de prendre des mesures budgétaires en vue d’accélérer le processus de démocratisation économique. « Démocratisation ne veut pas dire prendre aux riches pour donner aux pauvres. Démocratisation veut dire donner la chance aux autres », a-t-il dit. Et d’affirmer avoir demandé à Xavier-Luc Duval de se pencher sur les finances des hôtels et de voir « komie larzan vinn direkteman ar nou ». Le chef du gouvernement a déploré que certains hôteliers s’approvisionnent en légumes de leurs propres productions et a mentionné les difficultés rencontrées par les chauffeurs de taxi qui veulent opérer à proximité des hôtels. Certains hôteliers veulent choisir eux-mêmes leur chauffeurs de taxi et du coup, ils choisissent eux-mêmes les restaurants que les touristes peuvent fréquenter, a-t-il soutenu. Navin Ramgoolam a finalement dénoncé les hôtels qui disposent de leurs propres SPA et qui empêchent les autres d’opérer. « Pou akseler program demokratizasion bizin zot sipor. Ena dimounn ki konpran ena ki pale konpran », a-t-il dit.
Navin Ramgoolam s’est appesanti sur les vertus du dieu Ganesh à savoir l’intelligence, la sagesse et la connaissance. Il a insisté toutefois qu’il faut faire des efforts avant de demander à Ganesh de lever les obstacles. Il a aussi insisté sur l’importance pour les parents d’éduquer leurs enfants, leur apprendre le respect envers les parents et les aînés. « Beaucoup de choses que nous voyons en ce moment ne sont pas des problèmes gouvernementaux mais des problèmes sociétaux. Ils relèvent de notre responsabilité. La manière dont nous élevons nos enfants à la maison ou à l’école aura des conséquences. C’est la raison pour laquelle j’ai initié le programme NICE afin de permettre aux jeunes d’apprendre les vraies valeurs de la vie, la discipline, le patriotisme, la tolérance dans une société multiculturelle et multi-ethnique et l’importance de respecter son voisin », a-t-il dit.
Répondant aux remarques du président de MMMF, Balraj Narroo, au sujet de la construction d’une antenne par une compagnie téléphonique et concernant le terrain alloué à la fédération, il a donné la garantie que les deux problèmes seront réglés.
Sur un ton plus politique, Navin Ramgoolam a demandé de ne jamais sous-estimer les autres. Il a cité l’exemple du dieu Ganesh qui avait pour véhicule une petite souris pour démontrer que les grands ont besoin de ceux qui sont plus petits qu’eux. « Je dis toujours à mes ministres “plus vous occupez de hautes fonctions, plus vous vous faites mal lorsque vous retombez” », a-t-il dit en ajoutant sur le ton de la plaisanterie « … et moi je suis encore plus haut en tant que Premier ministre ».
Évoquant le projet de construction de la cafétéria de Trou-aux-Biches, Navin Ramgoolam a observé qu’à chaque fois qu’un « ti-dimounn » cherche à se lancer dans une entreprise, « ou pou trouv so foto lor lagazet kouma dir li enn voler. Si ou gran ou gagn drwa si ou piti ou pena drwa fer nanyen », a-t-il observé. À cela, s’ajoute la « jalousie », dit-il, d’autres personnes qui disent « mwa ousi mo konn Premie minis, mo pa gagn nanyen ». « À ce train, il faudrait diviser Maurice en 1,3 million de morceaux », a-t-il lancé. Le chef du gouvernement a demandé à ceux qui ont des projets de faire une demande pour avoir un terrain. « Si ou reisi ou reisi si ou pa reisi pa reisi. » « Week-End ekrir dimans, l’express repran. Comme si le Pandit était un grand voleur, alors qu’il veut se lancer dans un projet pour lui et pour Maurice. Li pa pe kokin pou fer lotel li. » Le Premier ministre s’est demandé pourquoi il n’y a pas eu des protestations contre l’agrandissement de l’hôtel Trou-aux-Biches lorsque la route a été bloquée. « Avez-vous vu un article dans les journaux à ce sujet ? ». « Entre 2000 et 2005, allez voir le nombre de personnes qui ont obtenu la permission de construire des restaurants à proximité de la mer. On ne donne pas de permis de construction sur les plages », a-t-il dit. Poursuivant son intervention, Le Premier ministre a parlé de Flic-en-Flac où on a construit un grand hôtel. On a bloqué la plage, dit -il. « Les pêcheurs n’ont pas le droit de s’y rendre. Nous avions à l’époque protesté. Maintenant, on veut créer une plage artificielle. Enn lartik pa finn trouve dan lagazet. » Il a affirmé que cet établissement hôtelier a bloqué la route et c’est la raison pour laquelle il n’y a pas d’autre voie de sortie à Flic-en-Flac. Il a dans le même souffle dénoncé ceux qui ont construit un bâtiment commercial sur la voie publique à Quatre-Bornes « Je ne fais pas de discrimination, je ne veux pas qu’il y ait deux poids deux mesures », a-t-il dit. Et de faire mention par la suite de la création d’une zone touristique à St-Félix qui a nécessité un échange de 20 arpents de terrain entre la propriété et le gouvernement. Navin Ramgoolam a affirmé que les promoteurs lui avaient fait une demande en ce sens mais qu’il avait refusé. Cependant, alors que SAJ avait refusé de le faire dans un premier temps, aussitôt l’arrivée au pouvoir de « l’alliance MedPoint » en 2000, il a donné la permission. Il a aussi rappelé qu’à Agalega, sir Razack Mohamed avait donné un terrain à la famille Nabeebaccus. Or, on a voulu donner ce terrain à IBL pour la construction d’un hôtel. « Heureusement que j’ai réussi à bloquer ce projet. Ce n’est pas que je suis contre eux mais il faut donner la chance à tout le monde », a-t-il dit.
Dans un autre ordre d’idées, Navin Ramgoolam a observé qu’alors que Dulthumun n’a pas le droit de parler « lezot koze, zot gagn drwa ».
Le Premier ministre a ensuite parlé de la progression de Maurice à l’indice de la compétitivité mondiale. Il a aussi abordé l’élaboration du white paper sur la réforme électorale. « En travaillant sur le white paper, je comprends les difficultés que SSR a rencontrées dans la lutte pour l’indépendance. Certains veulent modifier l’histoire et faire accroire aujourd’hui que l’indépendance a été obtenue sur un plateau. » Le chef du gouvernement a annoncé qu’il compte introduire certains éléments qui rappellent cette période dans le white paper sur la réforme électorale.
S’agissant de la Syrie, il s’est réjoui que le Pape François a adopté la même position que lui et a pris certaines initiatives très louables. Par ailleurs, Navin Ramgoolam a annoncé qu’il compte lui écrire pour le féliciter.