Aucune déposition formelle du prévenu Mercier, défendu par Me Bibi, consignée à ce jourLa traque policière de Steeve Polocco, considéré comme l’ennemi public n° 1, se précise avec l’étau se resserrant autour de ce suspect. Presque deux semaines après le vol et le viol commis dans un bungalow à Rivière-Noire et impliquant trois hommes et une femme encagoulés, deux suspects présumés ont été interpellés dans la nuit d’hier à ce matin lors d’une opération conjointe menée par des éléments de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) et de la CID du Nord, plus particulièrement des Field Intelligence Officers (FIO). Un premier prévenu, qui avait été appréhendé en fin de semaine dernière, continue à nier toute participation dans cette affaire.
Sur la base d’éléments d’informations recueillis sur le terrain, les limiers de la CID de la Western Division, menés par l’assistant surintendant de police Daniel Monvoisin, maintiennent que l’interrogatoire de Steeve Prinslet Serret, alias Polocco, s’avère être déterminant en vue d’élucider une série de cambriolages et d’agressions attribués au gang des encagoulés. L’arrestation, hier soir, de Jean-Pascal Deenoo, 22 ans, maçon de son état et habitant Roche-Bois, et Mike Jiovanni, 37 ans et pêcheur de Baie-du-Tombeau, constitue un tournant dans cette enquête policière pour faire d’abord la lumière sur le viol de l’épouse d’un directeur de restaurant de Rivière-Noire et le cambriolage commis au domicile de ce couple dans la nuit de la Saint-Valentin. Des limiers de l’ADSU conjuguant leurs efforts avec leurs collègues de la CID de la Northern Division, en particulier des Field Intelligence Officers, sont parvenus à mettre la main au collet de deux assaillants de Rivière-Noire.
Depuis hier soir, Jean-Pascal Deenoo et Mike Jiovanni, considérés comme des présumés complices de Polocco dans cette série de cambriolages dans le Nord et dans l’Ouest, sont soumis à des séances d’interrogatoire serré par des enquêteurs de la CID de la Western Division. À la mi-journée, très peu de détails ont transpiré quant à la teneur des dépositions consignées.
Tout semble indiquer que les deux nouveaux suspects devaient comparaître devant le tribunal de Bambous aujourd’hui pour la reconduction de leur détention en cellule policière et la suite du questioning. Dépendant des explications fournies par le duo Deenoo-Jiovanni, l’ASP Monvoisin pourra décider s’il y a lieu de procéder à une reconstitution des faits sur les lieux du viol et du vol.
Aucune des sources policières, approchées n’a cependant voulu confirmer si des enregistrements de caméra de surveillance à des ATM où les suspects avaient tenté d’effectuer des retraits avec les cartes bancaires des victimes auraient aidé à l’identification physique des bandits. Après le vol de Rivière-Noire, ces deux suspects doivent être interrogés par des enquêteurs de la CID de la Northern Division pour les cas de vol avec violence commis en ce début d’année à Calodyne et à Morcellement Mon-Choisy.
Entre-temps, la police multiplie les efforts et les sorties en vue d’interpeller le dénommé Polocco et la femme complice qui était en sa compagnie lors du cas de viol et de vol à Rivière-Noire. Jusqu’ici, les opérations policières n’ont pas encore donné les résultats escomptés même si les responsables se disent confiants que Polocco ne pourra pas résister encore longtemps à la traque policière. Les différentes régions où il aurait pu se réfugier sont placées sous haute surveillance et des filatures sont montées autour de ses principaux contacts dans le milieu ou encore son cercle d’amis.
Néanmoins, du côté des Police Headquarters, l’on rejette catégoriquement la thèse de négociations entamées pour la reddition de Polocco. « La question ne se pose pas et la police poursuit son travail sur le terrain », assure un des responsables de la chasse à l’homme en vue d’appréhender Polocco.
D’autre part, James Mercier, 19 ans, en état d’arrestation depuis la fin de la semaine dernière, continue à nier toute participation au viol et au vol de Rivière-Noire et même toute présence sur les lieux du crime « at the material time ». À la mi-journée, ce suspect, qui a retenu les services de Me Jean-Claude Bibi, n’a pas encore donné sa déposition et cette étape ne pourra être franchie que probablement demain.
James Mercier, qui rejette catégoriquement les allégations de la police qu’il serait l’auteur de l’agression sexuelle de la Saint-Valentin, se serait retrouvé en compagnie de Polocco dans la région de Grand-Baie, la veille de cette affaire. Il aurait indiqué à la police qu’il aurait décliné une invitation pour une virée à la demande du suspect Polocco.
Les limiers de la CID de la Western Division tentent actuellement de confirmer si le prévenu James Mercier aurait aidé à faciliter la fuite de Polocco en lui procurant des cachettes dans les faubourgs nord de la capitale. Le suspect rejette cette accusation même s’il ne nie pas connaître Polocco.
Par ailleurs, des proches de James Mercier se sont rendus en début de semaine au siège de la Commission des Droits de l’Homme pour dénoncer des actes de brutalité policière allégués sur le suspect. Ils font état d’ecchymoses sur tout le corps du détenu. Ils réclament une enquête diligentée par la Commission des Droits de l’Homme à ce sujet.
Ces mêmes proches ont également dénoncé à la police des menaces de mort proférées à leur encontre par Polocco pendant sa fuite. Un contact de la famille Mercier serait, semble-t-il, porteur d’un message de Polocco au sujet de ces menaces suite à l’arrestation et des développements dans l’enquête policière.