Les gouvernements mauriciens successifs joueraient-ils de malchance dans les choix d’acquisition des navires-patrouilleurs affectés à la surveillance des côtes et des eaux territoriales du pays ? En effet, après l’inénarrable patrouilleur l’Amar dont on se souviendra que, constamment défectueux, il ne lâchait presque jamais ses amarres durant les années 1980 et le catastrophique Le Vigilant, mis en service sous l’ancien régime de Navin Ramgoolam, dont la vigilance ne s’étendait que sporadiquement au-delà du Bell Buoy, c’est maintenant au GSS Guardian d’accumuler les ratés. 
Après des mois passés en cale sèche, depuis deux semaines il est en Inde, son pays de fabrication pour y subir des réparations importantes. Si importantes mêmes, ironise-t-on dans le milieu portuaire, qu’il semblerait, selon le gouvernement, que les chantiers navals mauriciens, pourtant de renommée internationale, ne seraient absolument pas aptes à faire le travail… Le CGS Guardian est actuellement tiré à travers l’océan Indien par le remorqueur Trident Energy que les autorités ont dû faire venir expressément de Singapour et à grands frais.
C’est la deuxième fois depuis qu’il est affecté à la surveillance des eaux territoriales mauriciennes que le CGS Guardian doit impérativement être réparé. En septembre 2008, il avait eu à passer par ce que le commissaire de Police, à l’époque M. Dhun Iswar Rampersad, avait pudiquement appelé un « Mid Life Upgrade » dans un chantier naval de Mumbai avec frais partagés avec New Delhi qui avait permis de redonner, toujours selon l’ancien commissaire, « une nouvelle vie au CGS Guardian ».