Gaspillage éhonté aux casinos
Les grandes promesses d’assainissement des organismes publics ne resteront finalement que des paroles en l’air. La preuve, la gestion des casinos par la State Investment Corporation. Pas une semaine ne se passe sans qu’il y ait un gaspillage, pour ne pas dire, un pillage qui s’y déroule. Ceux qui ont la responsabilité de cette entité publique semblent n’avoir cure des récriminations populaires. A commencer par sa directrice par intérim, permanente depuis janvier 2015, Rita Veerasamy.
Les employés continuent, eux, à dénoncer dans l’espoir que leur cri d’alarme sera écouté en haut lieu même s’ils n’entretiennent pas de grands espoirs de changement, la direction de la SIC étant intimement liée aux membres du gouvernement. Ils citent plusieurs cas pour démontrer que la gestion des casinos laisse de plus en plus à désirer.
Quelques exemples qu’ils mettent en avant : un caissier affecté aux machines à sous s’est vu confronter à un manque de Rs 1 000. Il se voit priver de Rs 1 000 de son salaire par la direction. Il porte plainte devant la justice et obtient gain de cause et il devra être remboursé. La SIC perd sur tous les tableaux avec en plus une somme de Rs 70 000 payées en honoraires légaux. Ce qui est le plus révoltant pour les salariés, c’est que dans d’autres cas, pour de pires négligences, il ne se passe rien. Comme pour ce haut cadre qui avait oublié une facture d’électricité dans son tiroir et qui a valu aux casinos une amende de Rs 30 000.
Autre affaire citée, celle de fraude de Rs 1,4 million, l’équivalent de la somme déboursée en 2014 pour un projet douteux de jetski. En 2017, amer constat, la somme s’est tout simplement volatilisée puisqu’il ne reste plus que Rs 2 000 comme solde sur ce compte. Les employés se demandent qu’elle est la responsabilité de la secrétaire de compagnie, alors bras droit d’Iqbal Mallam-Hasham et devenue directrice par intérim au moment où son frère Vishnu Lutchmeenaraidoo était ministre des Finances. Qui répondra pour ce gaspillage de Rs 1,4 million ? C’est ce que les salariés des casinos veulent savoir. Comme ils veulent connaître l’identité de ceux qui ont effectué des retraits de ce compte, mais aussi celle des cadres qui ont autorisé les transactions, le responsable du suivi de ce dossier et de la dissémination des informations au conseil d’administration.
Autre négligence relevée, les paiements excédentaires d’un montant de Rs 3 millions faits à un peu moins d’une vingtaine de personnes en guise d’indemnités sous le Mutually Agreed Retirement Scheme après des calculs erronés. Les représentants des employés qui siègent au comité de pension des casinos ont déjà saisi la Financial Services Commission de cette affaire. 
Tout cela sans compter les Rs 500 000 de roupies indiennes inchangeables du fait de leur obsolescence en Inde qui sont devenues des objets décoratifs dans ce qui devrait être transformé en musée de la mauvaise administration de la SIC et les chaises acquises pour Rs 1 million pour le tournoi de Teen Pathi, poker indien, qui s’est déroulé à Grand-Baie.
 
L’ICAC sur la piste de ceux dénoncés dans le rapport Parry
La Private Notice Question du leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, sur le missing Interim Report de la commission d’enquête sur les courses hippiques à Maurice semble avoir des suites. Ainsi, l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) a initié une preliminary inquiry sur la base des faits déclinés dans le rapport Parry en vue de décider s’il y a matière à enquête formelle sous les dispositions de la Prevention of Corruption Act. Des requêtes formelles pour des informations relatives à des money trails ont été adressées aux institutions compétentes à cet effet. Les personnalités visées sont celles dont les noms sont cités dans le rapport porté manquant en deux occasions. Mais le hic demeure qu’un des ténors du Mauritius Turf Club ciblés dans le rapport aurait échappé pour l’instant à l’attention des limiers de l’ICAC.