Les grosses pluies d’été, la forte chaleur qui s’est suivie et l’eau stagnante que l’on trouve un peu partout « provoquent un climat propice pour l’émergence de bactéries, qui suscitent chez presque tout le monde, et surtout chez les enfants et les bébés, une prolifération de cas de gastro-entérite », affirme le Dr Patrick How. Fraîchement réélu à la présidence de la Private Medical Practitioners’ Association (PMPA), il est catégorique : « Le traitement pour la gastro-entérite est symptomatique. Il ne faut surtout pas prendre d’antibiotiques. »
Les salles d’attentes des urgences des hôpitaux, de même que des centres de santé et des cliniques, ne désemplissent plus depuis quelques jours. La faute à quoi ? A la gastro-entérite ! « Ces fortes pluies qui ont frappé l’île ces dernières semaines, récapitule le Dr Patrick How, président de la PMPA, ainsi que les grosses chaleurs qui sévissent en ce moment, et ajouté à cela l’eau sale stagnante un peu partout, provoquent le climat idéal pour les bactéries, qui se reproduisent et s’attaquent à la population. » Résultats : courbatures, nausées, fièvres, flatulences, coliques, gargouillement au niveau du système digestif, ballonnements… « Un ensemble de symptômes avec, surtout, la diarrhée, qui accompagne tout cela, rend la personne malade », résume notre interlocuteur. Le Dr Patrick How prévient : « Attention ! Bien que l’on ait recensé quelques cas atypiques, avec des symptômes divers qui sont davantage relatifs à des problèmes liés à une intoxication alimentaire ou une grippe intestinale, il convient de rappeler à tout un chacun que la gastro-entérite est contagieuse. Il s’agit là d’un virus qui se communique via le toucher. Inévitablement. »
De fait, insiste le Dr How, « bien que nous, Mauriciens, soyons de nature très conviviale, on s’embrasse pour se dire bonjour, on se serre la main, on prend les uns et les autres dans les bras pour témoigner notre affection… Mais avec cette épidémie de gastro-entérite, ce comportement est très risqué. On ne vous demande pas de tout changer, mais, au moins, pendant quelques semaines, de prendre quelques précautions basiques. »
Le président de la PMPA continue : « Le traitement pour la gastro-entérite est symptomatique. Elle ne peut être traitée de manière spécifique. Et surtout, il ne faut en aucun cas penser que ce sont des antibiotiques qui vont nous aider à nous guérir. » Patrick How explique comment la réhydratation passe avant tout par le fait de boire beaucoup d’eau. « Il est aussi conseillé de prendre les sérum disponibles en pharmacie, mais avec un avis médical. » En revanche, note le médecin, « il faut éviter les produits laitiers, le lactose ayant des caractéristiques laxatives qui vont donc accentuer la diarrhée ». Que peut alors absorber et, surtout, que doit-on éviter ? Réponse : « Les fruits secs et les biscuits secs. La graisse, aussi, est à éviter car cela va sérieusement affecter l’estomac, qui a été fragilisé par la gastro-entérite. » Le Dr How nuance toutefois ses propos : « Il ne faut pas non plus être trop extrémiste. Un yaourt, par exemple, ne cause pas de torts graves. »
Le président de la PMPA explique encore : « Ajoutés aux cas de gastro-entérite recensés, nous avons aussi enregistré quelques cas atypiques. Des symptômes – comme le vomissement par exemple – ont été rapportés. » Le médecin explique que « par cette période de grosse chaleur, la nourriture est très fragile ». Ainsi, « on peut consommer des aliments, par exemple dans la rue ou dans les fast-food et au restaurant, qui ont été avariés, mais on ne peut le savoir du premier coup d’oeil ni même en les consommant ». Souvent, c’est « après l’ingestion de l’aliment » que surviennent les désagréments, dont les vomissements plus particulièrement. Bref, sont à « bannir carrément, ou temporairement », selon le médecin, « les nourritures préparées hors de la maison et qui n’ont pas été conservées dans des conditions d’hygiène appropriées ».
Toutefois, souligne le Dr How, lucide : « On connaît bien nos mauvaises habitudes… Hélas ! On oublie trop souvent, et trop vite, que les aliments sont très friables et peuvent rapidement être altérés du fait de la chaleur et des conditions de conservation. » Patrick How rappelle que « les symptômes et les états de maladie sont vécus de manière différente, car dépendant de la constitution de la personne affectée ».