Maurice est à 77% des 23 objectifs que le pays devrait atteindre d’ici fin 2015 en ce qui concerne la question du genre, selon le SADC Gender protocol. Un pourcentage qui, à ce jour, classe Maurice 3e des 15 pays membres de la SADC alors que la moyenne régionale est de 66%. C’est ce qui ressort du “SADC Gender protocol 2013 Barometer” diffusé par Gender Links Mauritius, qui milite pour l’avancement de la femme mauricienne.
Même si Maurice n’est pas signataire du  SADC Gender protocol, puisque « la Constitution du pays ne permet pas la discrimination positive », l’avancement de la question est mesuré par le SADC Gender and Development Index (SGDI) depuis 2011. En complément d’informations, Gender Links Mauritius (GL) a mené une enquête parallèle aux données statistiques auprès des Mauriciens, selon la Citizen Score Card (CSC). Résultat : il ressort que les citoyens sont plus sévères envers la situation actuelle et estime que le pays a atteint « 66% des objectifs fixés ». Ce qui place le pays en 8e position dans la région. « Nous touchons un minimum de 4 000 personnes avec le CSC, tous les ans à travers le pays », fait ressortir Loga Virahsawmy, de GL.
Selon GL, les deux résultats sont « importants » car le premier provient de sources officielles (Bureau des statistiques, police et ministères) alors que le second, lui, donne une idée de la perception des Mauriciens sur la situation. Les secteurs concernés sont : 1) la gouvernance (le parlement, les collectivités locales et le cabinet); 2) l’accès à l’éducation primaire, secondaire et tertiaire; 3) l’économie (prises de décision dans le secteur économique, main-d’oeuvre, chômage, congés de maternité et conditions qui y sont rattachées); 4) la santé reproductive et sexuelle; 5) le VIH/Sida; et 6) les médias.
GL observe que « Maurice n’a aucune loi discriminatoire » et que « le gouvernement, avec le soutien de la société civile, a fait des efforts remarquables pour atteindre l’égalité des genre dans de nombreuses sphères de la vie ». L’association mauricienne note que le pays a mis en place « des lois sévères » pour combattre la violence à l’égard du sexe et le trafic de personnes. L’école prend aussi une position claire par rapport à la question, poursuit-elle. « If a teacher physically or sexually abuses a pupil, he or she faces dismissal », soutient la publication. GL souligne qu’une jeune fille enceinte peut poursuivre ses études pendant toute sa grossesse et les reprendre après la mise au monde de son enfant. Elle note que Maurice a « presque atteint la parité » en ce qui concerne l’éducation. D’ailleurs, avance-t-elle, « les filles font mieux que les garçons et il y a plus d’étudiantes que d’étudiants à l’université ». Elle rappelle aussi qu’il y a de « nombreuses initiatives pour l’autonomisation » de la femme dans le secteur de l’entreprenariat avec accès aux finances et aux formations.
Elle estime que le secteur de la santé est également « gender sensitive » avec des résultats qui le prouvent : « The country has the lowest maternal mortality rate in the regions. » On dénombre aussi 62 décès sur 100 000 mères qui accouchent. Même si ce nombre est « très en dessous de la moyenne régionale », qui s’élève à 820, il a cependant relativement augmenté par rapport à l’année précédente. En 2012, le chiffre était en effet de 28 décès pour 100 000 femmes accouchant.
Selon les chiffres officiels, 76% des Mauriciennes ont accès à la contraception. Le pays figurant ainsi premier sur la liste de la région. Elle relève aussi que le parlement a adopté le Criminal Code amendement Bill, qui autorise l’interruption de grossesse dans des cas spéciaux. En ce qui concerne le VIH/Sida, plus d’hommes que de femmes sont affectés à Maurice, contrairement à de nombreux pays de la région.
Les défis restant à relever sont une présence accrue de femmes dans les « top political positions ». GL note ainsi la présence de seulement deux femmes sur 25 membres au cabinet ministériel. La représentation féminine au Parlement reste très basse, avec 19%. Elle note aussi que les provisions du local governement n’ont pas encore été étendues au niveau national. Elle estime donc que Maurice a encore « beaucoup à faire » pour donner la voix aux femmes dans les médias. Un des défis majeurs pour GL est la signature de Maurice du SADC Gender protocol.