Intervenant ce matin au Domaine Les Pailles à l’ouverture d’un atelier sur la violence basée sur le genre, dans le cadre de la campagne « 16 Days Activism Against Gender Violence 2011 », la directrice exécutive de la Mauritius Family Planning Welfare Association, Vidya Charan, s’est interrogée sur la sécurité des femmes sur leur lieu de travail, dans une société patriarcale comme la nôtre.
« Je voudrais souligner que, connaissant notre main-d’oeuvre, où une très large part est composée de femmes contribuant à la croissance et au développement du pays, où plusieurs femmes occupent des postes à hautes responsabilités, la question se pose de savoir si elles peuvent vraiment travailler en toute sécurité, par rapport aux lois en vigueur où l’on parle d’égalité d’opportunités et de droits humains ! », a lancé Vidya Charan devant un parterre à majorité d’hommes.
« Nous plaidons tous pour l’autonomisation (empowerment) des femmes. Et si elles sont autonomes, sont-elles vraiment libres de travailler et de donner le meilleur d’elles-mêmes dans une société patriarcale comme la nôtre ? Ou sont-elles condamnées à souffrir en silence et rester à la merci de leurs agresseurs ? », a poursuivi la directrice de la Mauritius Family Planning Welfare Association (MFPWA). « Ce serait un domaine de recherche très intéressant ! », a-t-elle laconiquement ajouté sans aucunement faire allusion aux difficultés qu’elle rencontre actuellement avec certains membres du conseil d’administration de son association.
Selon la directrice de la MFPWA, la violence à l’égard des femmes est intimement liée aux inégalités entre les sexes. « Quand les femmes et les jeunes filles doivent en général être serviles, leur comportement par rapport à leur santé, y compris leur santé reproductive, est négativement affecté à tous les stades de leur cycle de vie », a-t-elle expliqué. « Le nombre grandissant de cas d’abus (sexuels et autres), de violence et de crimes perpétrés contre les femmes et les enfants, donne une idée des souffrances infligées aux victimes », s’est-elle indignée. Elle a cité des chiffres pour soutenir ses dires.
« Les hommes et les femmes qui sont confrontés à la violence sur leur lieu de travail, dans leur famille et dans la communauté, violence qui peut être physique, verbale, psychologique, morale ou sexuelle, doivent dénoncer publiquement leurs supplices et transformer leurs souffrances en un défi afin de changer les choses », a plaidé Vidya Charan. Elle a, par la suite, exhorté les hommes à « être des ambassadeurs de paix dans leur environnement de travail, dans leur famille et dans la communauté ».
Lors de son intervention, le vice-président de la MFPWA, Ramesh Basenoo, a, pour sa part, longuement parlé de la campagne « 16 Days Activism Against Gender Violence 2011 » (voir encadré) et sur les effets néfastes de la violence fondée sur le genre.
Les ministres Mireille Martin et Shakeel Mohamed, invités à la cérémonie d’ouverture, pris par leurs obligations professionnelles, se sont fait excuser.
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Femmes violentées et droits humains
La « 16 Days of Activism Against Gender Violence » date du premier Women’s Global Leadership Institute parrainé par le Center for Women’s Global Leadership en 1991. Les participants ont choisi le vendredi 25 novembre (la Journée internationale contre la violence à l’égard des femmes) et le samedi10 décembre (la Journée internationale des droits humains) pour symboliquement faire le lien entre la violence contre les femmes et les droits humains pour souligner qu’il s’agit d’une violation des droits humains. Cette période de 16 jours met également en lumière d’autres dates importantes : le mercredi 9 novembre (la Journée internationale des défenseurs des droits des femmes) et le 1er décembre (la Journée internationale du VIH-SIDA).