De véritables petits geeks avides de nouvelles technologies ont atterri, la semaine dernière, au pays du Soleil levant pour deux semaines de découverte. Nous avons  rencontré, avant qu’ils aient pris l’avion samedi dernier, cinq des 10 universitaires sélectionnés par le programme de Huawei Seeds for the future, lancé pour la première fois à Maurice.
Des petits jeunes avec la tête bien sur les épaules. Pranishta Nowbut, Jaina Mooneegadoo, Ashrilee Ramessur, Natasha Ramluckun, Jyotshna Ramshire, Kheesheshta Ramgoolam, Visheka Nunderchund, Madhavsingh Indoonundon, Muhammad Fardeen Rummun et Aditya Ramdinee, tous des étudiants en ingénierie de l’Université de Maurice rejoignent le stage Seeds for the Future de Huawei. Ils auront la chance de visiter Beijing et le centre de R&D de Huawei à Shenzhen. Une aubaine pour ces jeunes ingénieurs qui s’apprêtent à faire leurs premiers pas dans le monde codifié et hypercorrennecté de la télécommunication.
Tous en T-shirts assortis, nous en rencontrons cinq. Ces derniers, étudiants en génie électrique et télécommunication nous parlent de leur passion et de leurs aspirations. Aditya Ramdinee, Kheesheshta Ramgoolam, Jyotshna Ramashire, Muhammad Rummun et Shaaeree Ramessur, figurent parmi les jeunes pousses en télécommunication, sélectionnés par l’équipe de Huawei à Maurice en début d’année. Représentant leurs camarades de classe qu’ils n’oublient pas de mentionner, ces jeunes ingénieurs trépignent d’impatience à l’idée de visiter la Chine, « le pays où tout se fait en matière de télécommunication », nous dit Aditya Ramdinee, qui vient de finir ses examens de fin d’études lundi.
Après un test d’aptitude et un entretien avec les représentants Huawei, seuls 10 d’une trentaine d’étudiants ont été retenues. S’ils étaient au départ une soixantaine d’étudiants en génie électrique à l’université, le nombre d’étudiants s’est effrité au fil des années. « Au terme des quatre années d’études, il ne reste plus que la moitié », soutient Kheesheshta Ramgoolam. Pourquoi ? Selon eux, c’est un cours qui requiert un certain niveau et qui demande beaucoup de persévérance. « Il y a des ‘drop outs’,  des recalés, ou encore d’autres qui changent carrément de filière. »
« Les jeunes se tournent vers la télécommunication par curiosité, par envie de faire bouger les choses… mais aussi parce que c’est un secteur qui embauche ! », disent-ils. Et d’ajouter, « cette année, il y aura un cours entièrement dédié à la télécommunication ! ». Un indicateur concret du dynamisme de ce secteur. Un secteur, d’ailleurs qui se féminise. « J’ai été surpris de voir toutes ses filles dans ma classe », nous dit timidement Muhammad Rummun, devant le regard amusé de ses camarades de classe. Elles sont majoritaires et fières de l’être.
La femme est l’avenir de l’homme, chantait Jean Ferrat. « C’est une question d’époque et d’éducation. Les temps changent, nos parents changent. Ils sont conscients que leurs filles sont aussi capables que les garçons et nous encouragent à évoluer dans ce métier. Et puis, la femme c’est l’avenir », soutient Kheesheshta Ramgoolam.
« L’avenir est aussi dans la télécommunication, dans l’Internet of Things (IOT) », nous disent d’emblée les cinq ingénieurs. « Nous nous sommes inscrits dans ce domaine, en plein essor, parce que c’est l’avenir du monde », nous dit Jyotshna Ramashire. Passionnés et surtout prêts à relever les défis d’un secteur en perpétuelle évolution, les jeunes sélectionnés sont conscients des enjeux du marché du travail et des difficultés auxquelles ils devront faire face. « Tout passe par les réseaux, par la télécommunication, c’est un monde qui évolue à la minute. Nous sommes conscients de cela. Nous savons pertinemment que nous devrons tout le temps apprendre de nouvelles technologies, afin de rester in touch avec le monde », confie pour sa part Shaaeree Ramessur.
« Cette opportunité en or » permet aux sélectionnés de visiter la Chine et de découvrir les locaux de Huawei. « C’est une chance inouïe de pouvoir visiter ce pays, centre névralgique de la télécommunication. Nous aurons aussi l’occasion lors de notre visite des locaux de Huawei, de mettre en application tout ce que nous avons appris », dit Kheesheshta Ramgoolam avec engouement.
En effet, si les jeunes affirment qu’ils ont acquis les bases théoriques nécessaires dans ce domaine, néanmoins en pratique les choses sont moins roses. « Il nous manque l’aspect pratique, même si l’on a quelques mois de stage inclus dans le cursus, cela n’est pas suffisant pour nous initier réellement au métier d’ingénieur en télécommunication », déplore Jyotshna Ramashire. Il faudrait, selon eux, davantage d’offres de ce genre, qui permettraient aux jeunes diplômés de se préparer au métier et d’interagir avec les professionnels du métier dans leur univers professionnel.
Les petits ingénieurs en herbe souhaitent « découvrir la culture chinoise, les nouvelles technologies et surtout mettre en pratique tout ce qu’ils ont appris durant leurs études ». « J’ai appris une seule phrase en chinois. La phrase la plus importante d’ailleurs qui signifie : ‘I don’t know’ ! », dit Aditya Ramdinee dans un éclat de rire. De jeunes pousses motivées et surtout plus que jamais passionnées par ce qu’ils font. De la bonne graine pour le secteur de la télécommunication locale…