Le père Jacques-Henri David, président de l’Apostolat de la mer, constate que les pêcheurs artisanaux mauriciens ne sont pas suffisamment préparés à affronter les nouvelles donnes par rapport à leur métier. Il y a, selon lui, un besoin en termes de formation et de vulgarisation des informations auquel il faut remédier au plus vite. Il en parlera demain lors d’une messe pour marquer la Journée internationale de Prières. Cette cérémonie se tiendra en l’église Sainte-Cécile à Bambous Virieux à 10h.
« La formation pour les pêcheurs et la vulgarisation de l’information restent les éléments clés », dit l’aumônier des marins-pêcheurs à la veille de cette Journée internationale de Prière pour les gens de la mer. Lorsqu’il fait allusion aux pêcheurs, il désigne les “peser  lagon–peser lakot”. Et il y en a un millier, selon lui. Il se dit conscient de la nécessité de d’abord les amener à prendre conscience que la notion “nou konn la mer” seule ne suffit plus aujourd’hui pour assurer la sécurité en mer. Les changements climatiques et  les dangers de la piraterie requièrent à la fois de nouvelles attitudes et une formation continue aux nouveaux risques du métier. « Il n’y a qu’à travers  la vulgarisation de l’information qu’on peut les emmener à comprendre la nécessité de la formation », poursuit-il.   L’Apostolat de la Mer proposera, dit-il,  un module de formation aux pêcheurs sur une base régionale. « Dans cette formation, nous allons d’abord leur rafraîchir la mémoire sur les notions de base en ce qu’il s’agit de la sécurité. Et ensuite, les informer des nouveautés en matière d’équipements. Il y aussi un volet, dans un langage très accessible, par rapport aux nouveaux enjeux qui guettent les gens de la mer », explique le président de l’Apostolat de la Mer.
Un autre point que ce dernier estime important, et qu’il soulèvera demain dans son homélie, concerne les salaires des marins abandonnés à la suite des bateaux arraisonnés. Le père David trouve en effet « aberrant et inhumain » que ces marins doivent attendre des années avant de percevoir leur salaire. Il cite le cas de l’équipage du CEMREM, qui va enfin toucher son salaire après… quatre ans d’attente. « Ce n’est que maintenant que la cour a autorisé le paiement des salaires de l’équipage. Il faut trouver un moyen pour donner  priorité aux salaires de ces marins dans tous les cas de figure. Et à mon avis, les États peuvent ratifier une convention à ce sujet », suggère le père David. Selon ce dernier, le sort de l’équipage des bateaux saisis reste un problème. C’est grâce à la solidarité d’autres associations, dit-il encore, que le rapatriement de certains est possible.
Les organisateurs de la messe de demain, à Bambous Virieux – dans le cadre de la Journée de Prière pour les gens de la mer –, ont choisi cette année de rendre hommage aux personnes disparues en mer. Les membres des familles de disparus déposeront à cette occasion des fleurs en offrande et le rescapé d’un naufrage apportera son témoignage.