1984, le célèbre livre de George Orwell, est le plus souvent cité pour deux de ses terrifiantes anticipations. Deux romans écrits dans les dernières années de sa vie ont établi pour longtemps la notoriété internationale de George Orwell : Animal Farm (La Ferme des animaux) et 1984.
Témoin de son époque, George Orwell est, dans les années 1930 et 1940, chroniqueur, critique littéraire et romancier. De cette production variée, les deux oeuvres au succès le plus durable sont deux textes publiés après la Seconde Guerre mondiale : La Ferme des animaux (1945) et surtout 1984 (1950), roman dans lequel il crée le concept de Big Brother, passé dans le langage courant de la critique des techniques modernes de surveillance et de contrôle des individus. L’adjectif “orwellien” est également utilisé en référence à l’univers totalitaire imaginé par l’écrivain anglais.
Citons Orwell : “Au sommet de la pyramide est placé Big Brother. Big Brother est infaillible et tout-puissant. Tout succès, toute réalisation, toute victoire, sont considérés comme émanant directement de sa direction et de son inspiration. Personne n’a jamais vu Big Brother; il est un visage sur les journaux, une voix au télécran. Nous pouvons, en toute lucidité, être sûrs qu’il ne mourra jamais. Big Brother est le masque sous lequel le Parti choisit de se montrer au monde. Sa fonction est d’agir comme un point de concentration pour l’amour, la crainte et le respect, émotions plus facilement ressenties pour un individu que pour une organisation. En dessous de Big Brother vient le Parti Intérieur. En dessous du Parti Intérieur vient le Parti extérieur qui, si le Parti Intérieur est considéré comme le cerveau de l’État, peut justement être comparé aux mains de l’État. Après le Parti Extérieur viennent les masses amorphes, que nous désignons généralement sous le nom de prolétaires. Dans l’échelle de notre classification, les prolétaires sont placés au degré le plus bas.”