À seulement 41 ans, Georges Cartick compte trente ans de métier, dont vingt-sept dans le milieu du textile. Les circonstances de la vie l’ont conduit à l’âge de 11 ans chez les Soeurs pour travailler la terre. Il a aussi connu la mendicité. Mais à force de persévérance et de courage, il est parvenu à s’offrir un avenir meilleur.
Ses efforts et ses sacrifices ont fini par payer. Georges Cartick est aujourd’hui propriétaire d’une usine de textile et de trois magasins, dont un à Rodrigues.
“Les premiers rayons de soleil ont apparu le jour où j’ai ouvert les portes de mon usine de textile à Belle-Rose. Cela remonte à une dizaine d’années. À partir de ce moment, j’ai sorti la tête de l’eau et j’ai pris une bonne bouchée d’air frais. C’était comme si je reprenais vie. Pendant de longues années, j’ai galéré et j’ai dû faire face à des épreuves qui me paraissaient parfois insurmontables. De grands moments de doute et de découragement ont ponctué mon existence.
J’avais 11 ans et je venais tout juste de terminer le CPE quand j’ai été forcé de mettre fin à ma scolarité pour trouver du travail. Mes parents, qui sillonnaient les champs de Mon Désert en quête de morceaux de bois qu’ils revendaient, ne gagnaient pas suffisamment d’argent pour nourrir six bouches. Mes frères et moi avons connu des moments très difficiles. Il nous est même arrivé d’aller nous coucher le ventre vide. Trouver un boulot pour contribuer aux dépenses de la maison était devenu mon devoir de deuxième fils de la famille.