Au début des années 2000, Géraldine Élysée-Pachamootoo a été plusieurs fois sacrée championne en athlétisme. Après des années d’absence du monde sportif, elle a choisi de se consacrer au volley-ball et a été présélectionnée pour les Jeux des îles de 2019. Elle assure dans son rôle de femme et troque le survêtement de volley-ball, le temps des entraînements et des compétitions, pour l’habit de mère. Géraldine Élysée-Pachamootoo a su transmettre sa passion à Enzo, son fils de cinq ans.

Véritable boule d’énergie, Enzo, le fils de Géraldine Élysée-Pachamootoo, virevolte autour d’elle. “Enzo a toujours été très énergique. Il fait du vélo, du karaté, joue au football, au volley-ball et au basket-ball. Nous l’avons initié très tôt au sport. Comme mon mari et moi, il aime le sport”, confie la femme de 35 ans au corps taillé, aux jolis bras musclés et galbés et aux jambes de plus d’un mètre. Dans la maison, trois trophées sont posés sur une étagère, témoins de son parcours de sprinteuse. “L’un de mes plus beaux souvenirs a été ma participation aux Jeux du Commonwealth. J’ai visité plusieurs pays grâce à l’athlétisme”, dit-elle en souriant.

Entraide et soutien.

Debout devant son plan de travail en cuisine, l’athlète s’attelle à découper un oignon avec son fils. “Nous sommes des grands mangeurs. Mon fils m’aide souvent en cuisine.” Comme dans la plupart des familles, l’entraide et le soutien sont essentiels. Les Pachamootoo ne dérogent pas à la règle. “Mon mari pratique le football et le trail. Il sait ce que c’est d’être dans le milieu sportif. Nous sommes une famille très sportive. Mon fils m’accompagne souvent quand je dispute un match de volley-ball et lors de mes entraînements”, confie l’ex-pensionnaire de Medco Cassis et St Bartholomew’s College.
Grâce à son époux, elle arrive à gérer son emploi du temps. “Je suis fatiguée mais je suis animée par ce que je fais. Après les entraînements, je rentre vers 21h30. Mon fils m’attend, puis part se coucher.” Le petit ajoute, d’une voix timide : “Je suis des classes de karaté le mardi et le samedi. C’est papa qui m’emmène le mardi et maman le samedi.” Pour rattraper le temps perdu à cause de la course folle pour se rendre au boulot le matin et les soirées très chargées, le trio se retrouve souvent le week-end, le temps d’une sortie à la plage ou pour une randonnée. Le couple trouve aussi le temps pour emmener Enzo faire des exercices et jouer dans le jardin.

Garçon manqué.

“C’est une fierté de voir sa progéniture exceller dans un sport. Mais le souci est qu’à Maurice, les athlètes rencontrent énormément de difficultés avec la fédération. Il n’y a pas assez de motivation. En dépit de cela, nous le motivons”, confie Géraldine, en avalant une gorgée de boisson gazeuse. Initier Enzo au sport est la façon du couple de le protéger contre les fléaux qui touchent les jeunes. “J’aime le karaté et boire du thé”, dit Enzo en rigolant. Le verre posé sur le plan de travail, Géraldine précise que son fils a le même caractère qu’elle : il est jovial, blagueur et a un fort tempérament. “J’arrive à me contrôler grâce au sport. Je cache mon côté move tifi”, dit l’ex-habitante de Notre Dame, en regardant son fils, qui n’hésite pas à exprimer son amour : “Elle est gentille, elle ne crie pas.”

“Je ne me vois pas vivre sans sport. J’ai fait une pause pendant plus de dix ans. J’ai arrêté l’athlétisme à 20 ans”, dit Géraldine, son fils blotti dans les bras. L’aventure du volley commence lorsqu’elle intègre l’équipe de Beau Bassin/Rose-Hill. “Il y a un monde de différence entre ce que je faisais avant et maintenant, mais je m’y plais.” Le sport fait partie de ses gènes. Son frère Steeve Élysée, un athlète de l’époque, l’a intéressée au sport. “J’ai commencé à pratiquer le sport à 8 ans, ensuite au collège et lors des journées sportives à Notre Dame. Je participais au tournoi intercollèges. J’ai toujours été championne.” Elle nous confie qu’elle courait toujours comme un garçon manqué et qu’elle adorait regarder les compétitions sportives à la télé. “C’est aussi grâce à mon ancien entraîneur, Karl Paul, que je considère toujours comme mon entraîneur, que je me suis surpassée. Il m’a toujours poussée à aller de l’avant. C’est lui qui m’a donné l’amour du sport.”

Sport et vie de famille.

Telle mère tel fils

La championne évoque avec un pincement au cœur l’arrêt de sa carrière sportive à 20 ans. “À 19 ans, j’ai participé aux Jeux du Commonwealth et au championnat d’Afrique. J’avais un bon niveau. J’aurais pu continuer si j’avais reçu plus de soutien de la fédération.” À l’époque, elle ne bénéficiait pas d’une aide financière d’un sponsor et ne pouvait pas compter sur ses parents retraités. “C’était compliqué pour moi de demander des sous à mes parents pour aller aux entraînements. Je m’entraînais presque deux fois par jour.” Elle devait trouver de l’argent pour ses dépenses en vitamines et pour les allers-retours aux entraînements. “Dès que tu te blesses, on te met au placard. Juste avant les Jeux des Îles de 2003, je m’étais blessée et j’avais arrêté momentanément. Je percevais une petite somme mais, à cause de cet arrêt, la fédération a supprimé cette allocation. J’étais découragée.”

Maman affectueuse et sportive acharnée, Géraldine Élysée-Pachamootoo met toutes les chances de son côté en s’entraînant plusieurs jours par semaine pour être sélectionnée pour les Jeux des Îles de 2019. Elle n’oublie pas pour autant sa vie de famille. “Cela fait 15 ans que j’ai participé aux Jeux des Îles. Je veux revivre cette expérience, même si c’est dans une autre discipline. Je ne suis plus très jeune, je ne sais pas si je pourrais continuer après.”

Regardant son fils qui brandit sa ceinture de karaté, elle confie : “Nous penserons peut-être à un autre bébé après les Jeux des Îles.” L’athlète d’un mètre soixante-treize ajoute : “Il est faux de croire qu’être maman est un frein pour être sportive. Il faut savoir gérer son temps pour se consacrer à la famille et mener à bien le rôle de mère. Je dirais que c’est aux mamans de donner l’exemple. Je n’ai pas forcé mon fils à pratiquer un sport. Il a suivi nos pas.”


Bio express
Situation familiale : Mariée et mère d’un garçon de 5 ans.
Âge : 35 ans.
Profession : Shipping officer à Sapmer.
Totem : Papillon.
Plus grande frayeur : Tout ce qui se touche à mon fils.
Plat préféré : Pizza.
Plutôt film ou série : Grey’s Anatomy.
Chanteur préféré : Au niveau international : Alicia Keys et John Legend. Local : Eric Triton


Parcours

1999 : Médaillée d’or au championnat de Maurice au triple saut. La même année, elle est qualifiée pour les CJSOI et décroche une quatrième place en athlétisme.
2000 : Championne de Maurice de 100 m, 200 m et triple saut.
2001 : Championne d’Afrique Australe chez les cadettes au 100 m et chez les juniors au 200 m.
2002 : Sa participation aux Jeux du Commonwealth aux épreuves du 200 m et 400 m demeure un des plus beaux souvenirs de sa vie. Elle signe la meilleure performance au 400 m aux Engen Series en Afrique du Sud. Au championnat d’athlétisme en France, elle remporte la médaille d’argent au 400 m.
2003 : Médaillée de bronze aux Jeux des îles au 400 m haies et médaillée d’argent aux relais 100 m et 400 m.
2016 : Elle intègre l’équipe d’Azur SC pendant deux ans, où elle devient vice-championne.
2018 : Elle débute avec l’équipe de volley-ball de Tranquebar Black Rangers en tant que joueuse centrale et attaquante. Elle est présélectionnée pour les Jeux des îles 2019.