La vocation naît à travers les gens. Gérard Sullivan se souvient d’une rencontre décisive faite dans sa paroisse. Il évoque sa jeunesse estudiantine d’orientation scientifique, les bombes lacrymogènes de Mai 68 à Paris et des ponts entre Dieu et les hommes.
Quelques jours avant la première représentation de Zozef ek so palto larkansiel, nous avons laissé la parole à celui qui parle le mieux des événements et des gens qui ont contribué à faire de lui ce qu’il est.
“Je suis l’aîné d’une fratrie de cinq enfants. J’ai trois frères et une soeur. Nous sommes tous nés à Vacoas. J’ai fréquenté l’école primaire Notre Dame de La Visitation. C’est là qu’une religieuse (soeur Assumpta) m’a demandé si j’avais déjà songé à devenir prêtre un jour. On trouvait que j’avais une tête de prêtre. J’avais une réputation d’être quelqu’un de tranquille et de sérieux. On me collait toujours la responsabilité de mes frères, mais également le cercle plus élargi des cousins, des cousines, des amis. Lorsque j’étais quelque part, c’était la garantie que ça allait bien se passer.
Je n’étais pas très doué sur le plan sportif. Mes frères et mes cousins me le faisaient bien ressentir. Que ce soit à l’école ou au collège, je n’ai jamais pratiqué un sport. J’ai été au collège du Saint-Esprit, où j’ai rencontré des amis qui allaient aussi devenir des références dans le clergé : Maurice Piat, Philippe Goupille, Robert Jauffret… Nous étions tous de la même année. Je n’étais pas doué sur le plan sportif et tout aussi discret lorsqu’il s’agissait de prendre la parole. Je rasais les murs. Pendant que les autres s’étalaient sur les terrains sportifs, je jouais aux échecs tous les midis avec un copain.