Le Covid-19, qui a pris la forme d’une pandémie cette semaine en raison du nombre de pays affectés, a mis l’économie mondiale à genoux et exerce une pression sans précédent sur les services de santé de tous les pays.

Le FMI, la Banque mondiale et l’OCDE, qui suivent l’évolution de l’économie mondiale, prévoient tous une baisse de la croissance à des degrés divers. D’autres observateurs économiques appréhendent déjà une récession mondiale. Les prix des produits pétroliers et des matières premières ont baissé sensiblement en raison de la mise en quarantaine de l’industrie manufacturière chinoise. L’industrie du voyage est à l’arrêt en raison de l’interruption des dessertes dans les principaux pays infectés et de l’interdiction de voyager imposée par plusieurs pays. L’industrie touristique dans pratiquement tous les pays est en difficulté. Le fait que les usines chinoises aient suspendu leur production a prouvé une profonde perturbation de la chaîne de l’offre, ce qui est connu désormais comme le « choc d’offres ». Des multinationales, et pas des moindres, engagées dans la manufacture de produits informatiques ou d’automobiles ont été forcées d’interrompre leur production faute de pièces dont elles ont besoin et qui sont fabriquées en Chine. Et pour couronner le tout, les États-Unis ont décidé de fermer leurs frontières aux voyageurs non américains. L’Inde a suspendu les visas OCI. Le résultat est que toutes les places boursières du monde sont en perte de vitesse. Ce qui  a donné lieu à un lundi noir marqué par l’écroulement de tous les marchés financiers du monde. L’économie mondiale est, comme l’a fait ressortir le nouveau gouverneur de la Banque de Maurice mardi, après la réunion du MPC, soumise à une incertitude accrue alors que les marchés mondiaux sont extrêmement volatils. En vérité, les “worst case scenarios” risquent de devenir des réalités.

Face à cette situation en France comme en Grande-Bretagne ou aux États-Unis, il faudra trouver des milliards de dollars afin de maintenir à flot les entreprises. À Maurice, la Banque de Maurice a  réduit de 0,5% le taux directeur afin de donner un ballon d’oxygène aux secteurs les plus affectés dont l’industrie touristique, l’industrie manufacturière et d’autres secteurs. Hier après-midi, le ministre des Finances, après plusieurs réunions de consultation avec le secteur privé, a annoncé des mesures sous la forme d’un “stimulus package” pour permettre aux industries mauriciennes les plus affectées de respirer (voir plus loin).

Tout laisse croire que le pays connaîtra une période difficile qui, nous l’espérons, ne pénalisera pas les travailleurs des secteurs concernés. Tout en essayant de parer au plus pressé, il faut garder un regard sur l’avenir. Selon des économistes avisés, la crise économique et épidémique actuelle, dépendant de sa durée et de sa profondeur, peut être suivie par une reprise économique rapide. Il faudra déjà dès maintenant se prémunir pour prendre le train de la relance lorsque l’occasion se présentera.

Le coronavirus approche déjà dangereusement du pays. L’île de la Réunion comptait déjà cinq cas à hier après-midi. Toute l’île Maurice devra se montrer solidaire, comme le souhaite le Premier ministre, afin d’affronter les moments les plus difficiles si jamais on n’arrivait pas à les éviter. Aucune mesure susceptible de protéger la population ne devrait être ignorée. Qu’on continue à prier afin que nous puissions ensemble surmonter les moments les plus difficiles avec courage.

Le président de la République, Pradeep Roopun, affirmait jeudi qu’il nous faudra nous préparer à vivre avec les virus présents dans le monde. Il n’a pas tout à fait tort. Pour cela, il faudra nous préparer à faire face à toutes les crises sanitaires susceptibles de se présenter à travers une coopération internationale judicieuse et en dotant le pays d’une stratégie appropriée soutenue par des infrastructures et les ressources humaines nécessaires.

JEAN MARC POCHÉ