Si les internautes délaissent de plus en plus les e-mails au profit des réseaux sociaux, nos courriels représentent encore une grosse part de nos échanges quotidiens. Le problème, c’est que ces derniers n’ont pas vraiment la “fibre écolo”. Pourquoi ? C’est ce que nous allons vous expliquer.

Qu’il s’agisse d’envoyer un fichier à ses collègues, de contacter un proche ou de flirter avec une employée de poste du quartier, l’e-mail est toujours l’un des moyens les plus utilisés dans nos échanges. Bien sûr, depuis de nombreuses années déjà, les réseaux sociaux se sont imposés, réduisant le nombre de courriers électroniques. Pour autant, ces derniers sont encore largement usités. Saviez-vous que toutes les heures, environ 10 milliards d’e-mails sont envoyés à travers le monde ? Ce qui, par jour, porte donc ce nombre à 240 milliards. Sur une année, nous vous laissons faire le compte ! Or, cet acte courant de notre vie personnelle et professionnelle utilise bel et bien des quantités astronomiques d’énergie ! D’où la question : comment un e-mail pollue-t-il ?

C’est vrai que le geste paraît anodin. Aussi peut-on se demander comment un simple clic sur le bouton “envoyer” de notre messagerie peut avoir comme répercussions. Et pourtant… les mails sont une source de consommation d’énergie absolument énorme. En effet, derrière l’envoi d’un mail et leur stockage, et en réalité derrière tout le réseau internet, il y a des serveurs informatiques, lesquels travaillent toute l’année, 24/24h et 7/7 jours. Or, les data centers sont les infrastructures où des milliers de kilomètres de câbles et des centaines de serveurs sont stockés, et tournent à plein régime à toute heure, de jour comme de nuit.

Le problème, c’est que ces structures consomment énormément d’électricité pour fonctionner, mais également pour les garder à bonne température. En tout, un e-mail “parcourt” environ 15,000 kilomètres de câbles pour arriver à destination. Mais c’est également sans compter l’énergie que consomment les ordinateurs sur lesquels nous travaillons ainsi que les serveurs de stockage des boîtes de réception.

Des spams pour Mère Nature.

Les infrastructures informatiques ont donc un impact important sur l’environnement. Mais quel impact, justement ? À cette question, l’Agence française de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie a depuis quelques années apporté une réponse. Et elle n’est pas des plus encourageantes. Ainsi, selon elle, pour 1 Mo envoyé, nous émettons 15 grammes de CO2. Aussi, selon le poids de l’e-mail échangé, l’impact peut varier. Si l’on prend l’exemple de 30 mails envoyés par jour à différents destinataires pendant un an, cela correspond en effet à presque 330 kg de CO2, soit l’équivalent de plusieurs milliers de kilomètres d’essence utilisés en voiture.

Et le CO2 n’est pas la seule émission causée par l’envoi d’e-mails. Traduit en données, 1 Mo en pièce jointe dans un e-mail serait l’équivalent de 7,5 grammes de fer. Pourquoi du fer ? Eh bien en raison des serveurs des data centers, qui requièrent des métaux et des ressources importantes pour être fabriqués et entretenus. Enfin, il faut également parler des spams, ces mails intempestifs que l’on reçoit par centaines. Dans le monde entier, les spams utiliseraient autant d’énergie que plus de 2 millions de foyers américains par an !

On le voit, envoyer un e-mail, aussi simple soit-il, laisse derrière lui une importante facture carbone, laquelle vient évidemment s’ajouter à celle utilisée par l’ensemble de l’Internet. Mais s’en passer n’est pas toujours facile. Dans ce cas, pourquoi ne pas en limiter la consommation ? Évidemment, on ne peut pas demander du jour au lendemain à la population mondiale de réduire ou même d’arrêter d’envoyer des mails. Mais il est quand même possible, chacun à son échelle, de limiter la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre qui découlent de cette utilisation quotidienne.

Pour ce faire, il convient de revoir notre mode d’utilisation des courriers électroniques. En premier lieu, il s’agit de réduire au maximum les mails inutiles, ainsi que la mise en copie de responsables ou collègues qui ne sont pas indispensables. Pourquoi en effet envoyer le même e-mail à dix personnes différentes si une seule d’entre elles suffit ? Ensuite, l’installation d’un logiciel antispam est d’une importance capitale, tout autant que de se désabonner de newsletters que l’on ne lit de toute façon jamais. Enfin, il faut vider régulièrement sa corbeille de mails ainsi que la boîte de spams. Ces données sont en effet stockées dans des serveurs et prennent de la place, et donc de l’énergie ! De petits écogestes très simples à mettre en place, et qui, au final, permettront à la planète d’un peu mieux respirer !