Le conflit qui depuis des années oppose, d’un côté, les habitants d’Agaléga, leurs amis à Maurice et le diocèse catholique et, de l’autre côté, le gouvernement autour de la gestion des deux petites îles outremer a pris une nouvelle tournure cette semaine qui pourrait déboucher, du moins on le souhaite, sur un dialogue constructif entre les protagonistes. Tout dépendra toutefois de la façon dont réagira le Premier ministre, mardi à l’Assemblée nationale, lorsqu’il répondra aux interpellations de l’opposition sur la gestion des îles.
Un développement considéré assez significatif est effectivement surven vendredi dernier,et il est à mettre au crédit du Komité Diosezin 1er Fevriye, une instance au sein de laquelle le diocèse catholique joue une part déterminante. Tout en se solidarisant avec Jean-Maurice Labour, dont ils disent « reconnaître le droit moral en tant que responsable catholique de parler de la situation dans les deux îles », le Komité, avec à sa tête Jean-Claude Jance, et les animateurs de l’organisation Les Amis d’Agaléga ont appelé le Premier ministre « à dépasser le conflit entre le vicaire général et le ministre Aimée pour s’attacher à résoudre les problèmes réels de la gestion ».
Il a été demandé au chef du gouvernement de considérer les dix-sept propositions d’un rapport intitulé Special Report Agalega : the Green Jewel in the Maritime Republic of Mauritius, produit par Jimmy Harmon en sa qualité de responsable du département de Pédagogie appliquée de l’Institut Cardinal Jean Margéot. Pour le Komité Diosezin 1er Fevriye, en ce qui a trait aux propos de Jean-Maurice Labour, le Premier ministre pourrait toujours en même temps instituer une commission d’enquête sur ce qui se passe à Agaléga afin faire éclater toute la vérité.
Pour rappel, très remonté contre des propos jugés insultants envers l’église catholique tenus par le ministre des Administrations régionales, Hervé Aimée, lors d’une récente visite dans les îles, le vicaire général, le père Jean-Maurice Labour avait fait une vigoureuse sortie dans laquelle, outre de rabrouer le ministre (lequel lui a aussi bien tenu tête) il avait fait part de ses soupçons que l’État mauricien laissait délibérément à l’abandon les Agaléens, portait atteinte à leur identité, avec pour objectif de les faire subir le même sort que les Anglais ont infligés aux Chagossiens, mais cette fois afin céder Agaléga aux militaires Indiens. Le Premier ministre, volant au secours d’Hervé Aimée, devait accuser Jean-Maurice Labour de dire « des faussetés ».
Le Komité Diosezin a voulu, vendredi dernier, passer « à l’essentiel » en confiant à Jimmy Harmon lui-même le soin de présenter les dix-sept propositions de son rapport susceptibles, selon lui, de conduire les deux petites îles vers le progrès et leur faire prendre toute la place qui leur revient au sein de la république. « Il n’est pas du tout dans notre intention de nous substituer à l’État, c’est pourquoi le rapport fait des propositions et non des recommandations. Mais il ne faut pas non plus faire fausse route… notre mission est celle d’éclairer les gens et de toujours remettre en question le statu quo », a précisé Jimmy Harmon en guise de conclusion.
Le rapport Agalega Special Report fait seize observations sur la gestion d’Agaléga et, pour redresser la situation, il fait dix-sept propositions que Week-End reproduit dans leur intégralité :
– l’embarquement des passagers au Terminal Aurélie Perrine, à Port-Louis, est une véritable cacophonie. Il n’y a aucun contrôle douanier. Les bagages et toutes sortes d’objets hétéroclites passent la douane sans aucune inspections et mesure de sécurité. L’embarquement des marchandises et des conteneurs à destination des îles est effectué au moment où les passagers sont déjà à bord, ce qui retarde le départ du bateau, obligeant les passagers à poireauter de longues heures durant. Selon le rapport, de strictes mesures de contrôle douanier doivent être appliquées afin d’empêcher des trafics illicites et la Mauritius Shipping Ltd doit s’assurer que l’embarquement des marchandises et des conteneurs soient complété avant l’embarquement des passagers ;