Ancien député de l’Alliance sociale de Mahebourg/Plaine-Magnien (Circonscription N°12) entre 2005 et 2010, et ensuite privé d’investiture aux dernières élections générales après une brouille avec son colistier travailliste, le ministre Vasant Bunwaree, Richard Duval n’aura pas attendu longtemps pour sortir de sa traversée du désert, pendant laquelle il s’est fait tout discret. Le fils de Sir Gaëtan vient en effet d’être propulsé président de la State Properties Development Company (SPDC).
La nomination de Richard Duval a été avalisée le 17 janvier par la SPDC. Selon nos informations, c’est la National Real Estates Limited, une nouvelle compagnie d’État dont la mise sur pied avait été annoncée dans le dernier discours du Budget, qui aurait recommandé ce choix. Mais puisque la gestion de la SPDC est désormais soumise au contrôle de la National Real Estates Limited, et que cet organisme est, à son tour, directement sous la responsabilité du ministère des Finances, certains émettent des doutes sur le fait que Richard Duval aurait donc bénéficié d’un coup de pouce familial. Et de se poser la question s’il n’y aurait trace d’une entente incestueuse, quelque part intolérable sous d’autres démocraties ? Toujours selon nos informations, la nomination n’aurait pas été discutée au Conseil des ministres puisque, le contraire étant avéré, le communiqué hebdomadaire en aurait fait mention. Le même jour, soit le 17 janvier, aussitôt la décision prise par le Board de la SPDC, Richard Duval a présidé sa première réunion.
Toujours selon les indications recueillies par Week-End, bien qu’il y ait eu, certes, quelques grincements de dents au sein même du PMSD, de la part de certains membres de ce parti aspirant à une promotion, la nomination du frère du ministre des Finances n’a pas soulevé de trop grosses vagues. D’autant que les salaires du président de la SPDC (environ une trentaine de milliers de roupies par mois) ne seraient pas particulièrement très attirants par rapport aux responsabilités qui y sont rattachées.
En fait, un dossier assez délicat attend déjà d’être traité par le nouveau président et son Board. Il s’agit de la mise en vente des magasins et autres emplacements commerciaux de la SPDC sur le Port-Louis Waterfront à des acquéreurs privés potentiels.
Il faut savoir que les avoirs de la SPDC sont évalués à plusieurs milliards de roupies. Toutefois, la mise en vente des magasins de la SPDC situés sur le Waterfront serait un exercice beaucoup plus compliqué qu’il ne le parait, dans la mesure où, si les bâtiments et autres immeubles appartiennent bien à la compagnie d’État, il demeure qu’ils ont été construits sur des terrains appartenant à la Mauritius Ports Authority (MPA). Une première maladresse aurait même été commise dans le dossier : au cours des premiers jours de l’année, tout le capital que détient l’État au sein de la State Properties Development Company (soit 99,9 % de l’actionnariat) avait été, dans un premier temps, transféré à la National Real Estates Limited. Mais ce capital a ensuite été retourné et un troisième organisme, la State Investment Corporation (SIC) serait intervenu pour dire son mot dans la transaction.
Et voilà qu’en sus de veiller à l’entraînement très matinal de ses chevaux, il incombera donc dorénavant à Richard Duval de veiller à ce que la privatisation des avoirs de l’État (soit dit en passant, une politique très chère à son ministre de frère) ne se fasse pas au détriment des intérêts du peuple.