Dans le sillage des récentes critiques de l’ex-présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim, sur les manquements au parking, voilà que la compagnie Airport Terminal Operations Ltd (ATOL) et son Chairman, Ken Arian, la MTPA et Air Mauritius sont interpellées sur les réseaux sociaux, notamment par la plainte d’une passagère d’un récent vol de MK 852 qui a fustigé « l’absence coupable » de personnel sur le carrousel de récupération des bagages dans l’aérogare, mais aussi la cacophonie qui règne sur le parking de l’aéroport.

Ainsi, après les récriminations de l’ex-présidente de la République qui a exprimé de virulentes critiques sur sa page web officielle concernant la pagaille qui règne sur l’aire de stationnement de l’aéroport SSR, notamment les vans qui se garent n’importe où, les taxis qui occupent les places réservées aux voitures privées et les chariots à bagages abandonnés partout à travers le parking, une passagère d’un récent vol MK 852 en provenance de Johannesburg est venue confirmer les observations de l’ex-chef de l’État mauricien.

Pourtant cette passagère a d’abord salué l’efficacité des services de l’immigration qu’il a traversés très rapidement et dans la bonne humeur. Mais elle déclare que sa satisfaction des services aéroportuaires s’est arrêtée à ce niveau. La passagère mauricienne raconte : « Quand je suis arrivée au carrousel à bagages, j’ai attendu patiemment mes valises. Pendant que j’attendais, le carrousel a commencé à se remplir jusqu’à ce que le système automatique se bloque et cesse de mettre de nouveaux bagages sur la ceinture tournante en raison du manque d’espace ». Elle dit avoir été interpellée par l’absence de personnel à ce niveau de l’aérogare pour parer à cette situation où des bagages entremêlés bloquaient l’arrivée de nouvelles valises sur le carrousel : « Aucun membre du personnel d’Air Mauritius ou de l’aéroport n’était en vue. Les passagers ont alors commencé à prendre l’initiative de réorganiser eux-mêmes les bagages sur le carrousel afin de laisser de la place aux autres valises. Ce faisant, certains passagers auraient pu se blesser. Cela m’a pris au moins 45 minutes pour obtenir mon seul sac. »

Un autre passager en provenance de Mumbai confirme les désagréments que l’on rencontre à cette étape de l’arrivée à Maurice : « I will seize this opportunity to relate an incident I witnessed when I was back to Mauritius on 12 Dec from Mumbai. I must say the flight was nice… airport formalities, no issues. However, when we picked up our luggage… I noticed an Indian whose luggage caught my attention as it was labelled with much information concerning the passenger… Suddenly the man pointed his luggage to me and said in a poor English…. see how my luggage was damaged. I was shocked when I looked closely. Broken and the inside could be seen. Worse, he was accompanied by a woman… her luggage too was in a mess… completely broken. »

Cacophonie sur le parking

Pour en revenir à la passagère du vol MK 582 de Johannesburg, son constat des dysfonctionnements allait se poursuivre lorsqu’elle quitta l’aéroport pour aller à la rencontre de ses parents qui étaient venus la récupérer sur le parking : « Mes parents qui sont venus me chercher m’ont informée qu’il n’y avait pas de parking disponible à l’aéroport alors ils attendaient dehors et je les ai appelés sur WhatsApp en utilisant le WIFI de l’aéroport, pendant que je sortais pour qu’ils viennent me chercher à la zone de collecte désignée de l’aéroport. Après environ 10 minutes sans avoir vu une voiture traverser la zone de ramassage et vu les autres passagers qui attendaient également dans cette zone, j’ai entendu une dame, qui récupérait quelqu’un, en disant que l’accès à cette zone était fermé ».

Elle explique qu’elle a alors décidé de marcher et d’essayer de trouver ses parents et a finalement vu sa mère se diriger vers la zone de ramassage des passagers. « J’ai alors vu trois et quatre policiers qui se détendaient et bavardaient sans se soucier des problèmes qui se déroulaient devant eux. Je leur ai demandé si l’accès à la zone de ramassage était fermé et ils l’ont confirmé. Je leur ai dit que je savais que ce n’était pas de leur responsabilité mais qu’il n’y avait aucune indication pour les passagers à l’arrivée. Je leur ai alors fait remarquer qu’ils étaient assis là sans dire à ces passagers qui attendaient en vain ! Leur réponse est stupéfiante : “al get ATOL konpani prive sa”. »

Notre passagère qui estime avoir adressé ces critiques en tant que « fière citoyen mauricienne » explique qu’elle était en colère mais qu’elle avait surtout honte du niveau de l’accueil à l’aéroport. Elle demande aux autorités d’imaginer « ces touristes qui atterrissent au paradis et se retrouvent dans une telle confusion. »

Elle ne semble pas si bien dire car d’autres personnes venues récupérer des amis témoignent de la situation chaotique certains samedis : « C’était la cata hier… Quatre avions qui débarquent en même temps. Plus de deux heures pour au comptoir d’immigration et récupérer les bagages. Je suis venue récupérer des amis. Ils étaient à bout. Ils avaient pris l’avion à Munich, vendredi, en direction de Dubaï où ils ont passé la nuit. Vol agréable mais arrivée pénible à Maurice. Je ne parle pas pour nous du nombre de fois qu’on a dû tourner en rond pour trouver un parking. Les gens se garent n’importe comment, en double file souvent. Je plains celui qui doit bouger et ne peut le faire parce que quelqu’un s’est mis devant ou derrière en lui obstruant le passage… C’est vraiment dur l’aéroport, le samedi ! » ont-ils témoigné.

Les autorités aéroportuaires et du tourisme sont donc prévenues des récriminations concernant les premiers pas des visiteurs sur notre sol et de ceux qui vont les accueillir. Le « Paradis » doit définitivement faire mieux !