L’Independent Commission against Corruption (ICAC) pourrait effectuer une descente des lieux aux Casernes centrales dans le cadre d’une opération de confiscation (“impounding”) de tous les dossiers relatifs aux procédures pour l’allocation du contrat pour les caméras de surveillance. Cet exercice s’inscrit dans le cadre d’une Preliminary Enquiry (PE) sous la Prevention of Corruption Act (POCA) au sujet des allégations accablantes de trafic d’influence dans l’approvisionnement et l’installation de 304 caméras de surveillance à Beau-Bassin, Rose-Hill et une partie de Quatre-Bornes. Cette étape initiale, qui comprendra un examen des dossiers disponibles, devra déterminer s’il y a matière à une enquête approfondie ou si les allégations de l’e-mail FANG 888ZE sur ce contrat de Rs 159 millions ne représentent que du vent et découlent « d’un règlement de comptes entre aigris » au sein de la société chinoise ZTE.
Des accusations de pots-de-vin en sus des allégations de trafic d’influence sont portées contre de hauts gradés de la police dans ce document électronique transmis à l’ICAC, au Prime Minister’s Office, au bureau du commissaire de police et au Central Procurement Board. Avant d’entrer dans les détails techniques du dossier, l’auteur de ces dénonciations n’y va pas de main-morte, affirmant que « we already knew last year before bidding CCTV tender that we (ZTE) will win », note ce document en demandant aux enquêteurs de vérifier des pots-de-vin, sous forme de voiture, de dépenses pour la rénovation de maisons des principaux concernés, de générateurs ou encore d’équipements électroménagers de luxe. « Check gifts after Factory Acceptance Test (FAT) in China in Januart this year », devait-il ajouter en tant que piste d’enquête.
En ce qui concerne le projet d’installation de caméras de sécurité à Beau-Bassin, Rose-Hill et une partie de Quatre-Bornes, FANG 888ZE souligne : « From the beginning we (ZTE) know that we will win. Y (le nom du haut gradé est cité) gave us the budget to fit and to comply. Y (le nom d’un autre haut gradé) do good job in valuation comity. Projet : Rs 159 millions. » Mais le détonateur de ce scandale, susceptible d’affecter la force policière, a été les résultats du Factory Acceptance Test de janvier dernier. « Quand les premières informations au sujet du test sur des équipements ont fait l’objet de fuites, un climat de méfiance s’est installé, chacun accusant l’autre d’être l’auteur de ces fuites. We were unable to hide problems having for Port-Louis and Grand-Bay CCTV Video Softwar. (They we non compliant. Same software uses for FAT for this tender (Beau-Bassin, Rose-Hill, Quatre-Bornes). Some hidden compliances will be seen », s’appesantit le dénonciateur, qui rappelle que le gouvernement devra dépenser une  somme supplémentaire de Rs 35 à 40 millions pour les ajustements nécessaires.
Dans le cadre de cette Preliminary Enquiry sur ce contrat de la police, l’ICAC devra statuer si un exercice de “due diligence” a été effectué des capacités techniques de la ZTE dans la production, l’installation et la maintenance des caméras de surveillance dans les villes du pays. « Police recently accept that we cannot deliver all. There is also a more we not comply. We asked quotation to other companies », lit-on encore dans le message électroniques FAG 888ZE, qui dénonce : « We proposed ANPR cameras instead of ALPR software asked in tender. Face analysis software and ALPR software need a lot of serves we did not quote enough, only some. Will need around Rs 35 – 40 millions for that to make good. »
D’autre part, les détails du Factory Acceptance Test font état d’une série de lacunes, le message électronique à l’ICAC indiquant : « FAT report was more that 60 non-compliance points. Delivery of system was to be in April. » Les principaux manquements relevés lors des analyses techniques effectuées sur les caméras de surveillance de la ZTE, de même que les accessoires, lors de la visite à Shenzhen, en Chine, au début de cette année, sont les suivants :
– Caméras ANPR : les conditions du contrat font état de « IP FHD PTZ Cameras, fixed full high definition IP Cameras including the Automatic Licence Plate Reader (ALPR) function are required t be installed at locations along with all necessary components to make complete finctional IP street surveillance CCTV ».
– System : « Not available for inspection ». Aucun certificat n’attestant la fiabilité technique des enregistrements vidéo n’est disponible alors que ce document est considéré comme étant primordial pour être soumis formellement à la Cour en cas de contestation des délits. Cette condition est jugée « not conform » selon le FAR.
– IP FHD CCT « Surveillance equipment including High End Analytics, Edge devices, Control Room Equipment should be provided. » Le FAT arrive à la conclusion que « items incomplete » par rapport à cette pièce maîtresse du système de surveillance par CCTV.
– Automatic Licence Plate Recongnition System (ALPR) sur les caméras, dont « state of the art software with OCR technology and multiple alert options », n’était pas « available for inspection ».
D’autre part, une série de “function and performance requirements”, faisant partie des conditions d’appel d’offres, par rapport au Law and Order, aux Special Events, comme des manifestations de rue ou autres processions, de Crime Control, de Traffic Control, d’Incident Management et de Disaster Response, n’ont pu être vérifiées vu que ces options n’étaient pas « available for inspection ».
Les caractéristiques en termes de protection de ces équipements de technologie informatique, notamment la résistance à des rafales de plus de 200 km/h ou encore des températures entre 30°C et 70°C, n’ont pu être conformées jusqu’ici. En ce début de semaine, il faudra s’attendre à voir les enquêteurs de l’ICAC procéder à une première évaluation de ces allégations avant d’initier les étapes prévues sous la Prevention of Corruption Act, surtout que, dans cette affaire, c’est l’ICAC qui enquêtera sur la police…