GESTION DE L’ÉDUCATION : La Commission éducation du MMM cible « l’incompétence du ministère »

La Commission éducation du MMM a pris pour cible les « gaspillages énormes » en termes de ressources humaines et financières dans le secteur de l’éducation en se référant au dernier rapport de l’Audit. « C’est de l’incompétence ! Du gâchis » s’est indigné Steven Obeegadoo, président de cette commission, lors d’une conférence de presse hier après-midi. « Kan ou inkonpetan ek larzan piblik ou bizin rann kont », a-t-il poursuivi. Sur un autre volet, cette commission a mis en exergue hier « la régression constante » dans la qualité de la performance des élèves sur la base des résultats des examens du CPE et du SC/HSC de ces dix dernières années, et ce avant d’interpeller la ministre de l’Éducation sur cette question.
Veda Balamoody, porte-parole du MMM sur le dossier de l’éducation au Parlement, et qui a été dans le passé président du Public Accounts Committee, n’a pas manqué de souligner qu’il s’agit du premier rapport de l’Audit sur la gestion de ce gouvernement. « C’est un rapport accablant pour eux alors qu’il existe un ministère de la Bonne gouvernance depuis qu’ils sont arrivés au pouvoir. » Cette commission du parti mauve s’est attardée surtout sur les remarques sévères de l’Audit concernant la construction de trois University Campus au coût de Rs 760 M, et inutilisés jusqu’ici, ainsi que sur le gaspillage en ce qu’il s’agit de la production et de la distribution des manuels pour le primaire et le secteur prévocationnel. Veda Baloomoody a fait remarquer que l’Audit s’est seulement intéressé à deux items, précisant qu’à son avis, « le constat aurait été plus aggravant si les officiers de cet organisme avaient couvert tous les départements » de l’Éducation. « Malerezman, Odit pa kapav atrap tou bann departman. »
Françoise Labelle a évoqué pour sa part « le gaspillage » sur le volet de la formation. Elle a ainsi cité le cas de 200 jeunes recrutés l’année dernière par le Youth Employment Programme en vue d’une formation dans les écoles pour assurer les classes du « holistic programme » au primaire dans le cadre du Nine-Year Schooling. Mais ces personnes, malgré la formation obtenue, n’ont pas été retenues lors du recrutement des « holistic teachers » par la PSC. « Minister pa pe servi sa bann dimoun-la. Ala ki manier formasion ki finn finans par Leta pe zet dan poubel », dira à ce propos Françoise Labelle.
Par ailleurs, cette commission a fait part de son inquiétude s’agissant du recul dans la qualité des résultats aux trois examens nationaux sur une période de dix ans à partir des statistiques fournies par le MES. « Les statistiques sont éloquentes : sur le court terme, c’est la stagnation, et sur le long terme, c’est la baisse. Swa nu bouz fix, swa nou koule », constate l’ancien ministre de l’Éducation du MMM. Cette commission s’est aussi intéressée à la performance des apprenants dans trois matières spécifiques, à savoir les mathématiques, l’anglais et le français, compte tenu de leur importance pour raisons professionnelles. « Il s’agit de trois matières fondamentales et les résultats détaillés nous ont choqués. La majorité ne réussit pas à décrocher un crédit en SC dans ces matières », analyse-t-il.
Outre la régression dans le taux global de réussites au CPE, au SC et au HSC, il y a aussi, note-t-il encore, « une régression dans les résultats de ces trois matières ». En outre, « une infime partie d’élèves réussissent à décrocher les meilleures notes ». À titre d’exemple, pour les examens de SC en 2016, le nombre de candidats ayant décroché un “A*” est comme suit : en anglais, 200 candidats (1%); en français, 687 (4%); et en mathématiques, 414 (4%). « Pour chaque 10 enfants qui entrent en Std I, huit obtiennent le CPE. Et de ces huit enfants, cinq décrochent le SC et seulement 2 obtiennent leur HSC. Se enn sistem pou lelit.. Il n’y a aucune amélioration dans l’apprentissage. Cela nous renvoie à la triste réalité de l’échec scolaire à Maurice », observe Steven Obeegadoo.
Cette commission est d’avis que la ministre de l’Éducation devrait s’intéresser de près à cette situation, d’une part en raison de l’investissement financier « conséquent » dans ce secteur et, de l’autre, des conséquences sur le chômage et sur la vie socio-économique du pays, estimant que s’il ne faut pas désinvestir dans le secteur, il convient cependant d’analyser les conséquences sur le volet social. « Ki kantite kas nou pe mete dan ledikasyon me pa pe gaygn rezilta ki noule. Ki sanla pou bizin ran kont pu sa baisse tau reusit-la ? » s’est d’ailleurs demandé Steven Obeegadoo, en ne manquant de souligner les différents ministres de l’Éducation qui se sont succédé ces dix dernières années.

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