Le traité de non double imposition entre Maurice et l’Inde est un instrument gagnant-gagnant pour les deux pays, a insisté hier le VPM et ministre des Finances, qui a profité du lancement du Global Institutional Investors Forum pour faire le point sur les avantages découlant du traité aussi bien pour la Grande péninsule que pour Maurice.
Pour Xavier-Luc Duval, il n’y a pas de doute que Maurice a été un excellent conducteur concernant les investissements internationaux vers la Grande péninsule. « Les dernières estimations indiquent que pas moins de Rs 5 trillions, soit quelque 165 milliards de dollars, ont transité par Maurice vers l’Inde. Des centaines de milliers d’emplois ont ainsi été créés en Inde et à Maurice. Ce qui a permis aux deux pays de connaître la prospérité. En gros, nos deux pays ont grandement bénéficié de ce traité. C’est la raison pour laquelle le traité doit continuer et que les deux pays collaborent pleinement to stamp out illegal practices », a précisé vice-Premier ministre et ministre des Finances.
Le Grand argentier a fait ressortir que les discussions entre Maurice et l’Inde se poursuivent afin de traiter les appréhensions indiennes qui sont prises très au sérieux. Xavier-Luc Duval a observé que des rumeurs au sujet des abus de notre juridiction afin de pratiquer des actions illégales dont le « round tripping » par les autorités indiennes n’ont pas été démontrées. Les autorités mauriciennes collaboreront pleinement toutefois avec l’Inde en vue de prévenir ce genre de dérapage.
Le ministre des Finances a plaidé en faveur de la mise en valeur du positionnement concernant le continent africain et en tant que membre politique de l’Afrique. Cela est important pour le développement futur non seulement dans le monde financier mais aussi pour le port franc, le port et l’aéroport. « Maurice en temps que hub pour l’Afrique, c’est Maurice de demain. Nous devons faire tout notre possible pour développer nos services vis-à-vis de l’Afrique », a dit Xavier-Luc Duval.
Le VPM a souligné l’importance d’une bonne connectivité aérienne avec les pays de la région et a annoncé que des dispositions sont prises en ce sens. Des accords de non double imposition sont en cours de négociations avec plusieurs pays africains, dont le Kenya, qui s’apprêtent à être conclus.
Le ministre Xavier Duval s’est appesanti sur l’importance de l’industrie des services financiers pour Maurice. Ce secteur représente aujourd’hui 10 % du produit intérieur brut, incluant les banques et les assurances. Il a connu un taux de croissance moyen de 6,5 % et emploie quelque 13 500 personnes. La création d’emplois est en pleine croissance.
Le ministre des Finances a rappelé que le Board of Investment a été chargé d’animer des missions de promotion régulières à l’étranger, en particulier en Inde, où une présence doit être assurée au niveau des médias afin de rehausser l’image de Maurice.
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Clairette Ah-Hen (FSC) : « Démontrer notre professionnalisme »
Clairette Ah-Hen, chief executive de la Financial Services Commission, le régulateur du secteur des services financiers non-bancaires, a appellé les opérateurs de ce secteur à faire montre de professionnalisme à tous les niveaux afin de préserver la bonne réputation de Maurice en tant que centre financier offrant de la substance.
« Oui, il y a des défis qui nous attendent », a reconnu d’emblée Mme Ah-Hen, mais les autorités régulatrices, dit-elle, prennent toutes les dispositions pour protéger la bonne réputation de Maurice en se conformant aux normes et aux bonnes pratiques internationales et pour assurer qu’il y ait un « level playing-field ». Cependant, a souligné la chief executive de la FSC, protéger la bonne image de Maurice ne se résume pas à une question de promulgation de nouvelles lois. Il est impérieux que le régulateur et les opérateurs fassent la démonstration que des actions sont prises pour protéger la réputation de la juridiction.
Tout en souhaitant une diversification des marchés, Clairette Ah-Hen a demandé aux opérateurs de démontrer leur professionnalisme dans l’exercice de leurs fonctions. Elle a indiqué que la FSC communiquera régulièrement avec les opérateurs en vue d’améliorer le cadre et la conduite des affaires. « Nous sommes conscients qu’il faut assurer le développement durable du secteur pour pouvoir le réguler ».
Clairette Ah-Hen a aussi parlé de la collaboration étroite qui se développe entre les régulateurs des marchés de capitaux de la région en vue d’harmoniser les règlements. « Je suis confiante que dans le dialogue le secteur du Global Business continuera à se développer », dit-elle.